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5 L’italique

La première fonction de l’italique est de faire ressortir des mots, d’attirer l’attention sur eux, de les distinguer du reste du texte. À défaut d’italique, ou dans un texte manuscrit, on souligne normalement tout ce qui devrait être en italique. Dans un certain nombre d’emplois, on peut utiliser les guillemets au lieu de l’italique, ou encore le caractère gras.

En principe, ce qui s’écrit en italique dans un texte en romain (c’est-à-dire en caractères ordinaires) s’écrit en romain dans un texte en italique : c’est le romain qui assure alors le contraste. Dans un passage déjà en italique, on recourt parfois au gras italique pour faire ressortir des mots.

L’abus de l’italique ne peut qu’en affaiblir l’efficacité, d’autant plus que l’italique, parce qu’il nous est moins familier, n’est pas aussi lisible que le caractère ordinaire. Il est donc important d’en limiter l’emploi.

5.1 Italique et ponctuation

On met en italique toute la ponctuation qui fait partie intégrante d’un passage écrit en italique :

  • Archimède s’écria : Eurêka!
  • Étiemble a publié son pamphlet Parlez-vous franglais? en 1964.

Dans la phrase suivante, le point d’interrogation ne fait pas partie du passage en italique :

  • Comprenez-vous bien le sens du proverbe pierre qui roule n’amasse pas mousse?

On met aussi en italique les signes typographiques et les chiffres qui appartiennent au passage, mais non les chiffres et les lettres utilisés comme appels de note :

  • Le texte anglais parle de stress fracture1.

Les parenthèses se composent de préférence dans le même caractère que la phrase principale plutôt que dans le caractère des mots qu’elles enserrent :

  • La crassula (Crassula argentea) possède des feuilles charnues.
  • La crassula (Crassula argentea) possède des feuilles charnues.

Par un caprice de l’usage, c’est l’inverse pour les guillemets, qui sont en général composés dans le même caractère que les mots qu’ils encadrent :

  • Elle a employé le mot latin « sic ».

Les crochets se comportent différemment. Le plus souvent, ils sont imprimés en romain, que le texte principal soit en romain ou en italique :

  • Le témoin a déclaré qu’il était libre de déterminer [ses] heures de travail.

5.2 Le nom propre

5.2.1 Livres, journaux, revues et œuvres d’art

On met normalement en italique les titres de livres, d’écrits divers, d’œuvres d’art, de films, de poèmes, de pièces de théâtre, de disques, de chansons, d’émissions de radio et de télévision, de documents électroniques :

  • Bonheur d’occasion raconte les tribulations de la famille Lacasse.
  • Une année en Provence s’est vendu à des millions d’exemplaires.
  • Précis d’océanologie
  • le Dictionnaire des termes publicitaires
  • extrait du Manuel de la politique administrative
  • le Capriccio italien de Tchaïkovski
  • Elle rêve de jouer dans Andromaque de Racine.
  • La danse de Matisse est exposée à l’Ermitage.
  • Le penseur de Rodin a été coulé d’une seule pièce.
  • Fritz Lang a tourné Metropolis en 1926.
  • C’était Lili Marlene, une vieille chanson qu’il aimait beaucoup (J. Poulin).
  • L’émission Le temps d’une paix a battu tous les records d’audience.
  • le Larousse multimédia encyclopédique
  • le logiciel CorelDRAW

Il en va de même des titres de journaux, de périodiques et de publications semblables :

  • le journal La Presse
  • le New York Times
  • L’actualité
  • L’Express
  • la revue Commerce
  • un numéro spécial de Science et Vie
  • l’hebdomadaire allemand Der Spiegel
  • le New England Journal of Medicine
  • la Gazette du Canada
  • La Gazette officielle du Québec

On observe dans ces exemples que seuls les mots faisant partie du titre exact sont en italique.

Très souvent, on mentionne une partie d’une publication ou une partie d’une œuvre conjointement avec le titre de la publication ou de l’œuvre d’où elle est tirée. Il est usuel de mettre le titre de la partie entre guillemets et le titre principal en italique :

  • « Le Vaisseau d’Or » est tiré des Poésies complètes de Nelligan.
  • « La chute de la maison Usher » figure dans les Histoires extraordinaires d’Edgar Allan Poe.
  • Ci-joint une photocopie du chapitre intitulé « L’emploi et le chômage » dans Le nouvel État industriel de J. K. Galbraith.
  • Il faut lire dans la revue Pour la Science l’article « Informatique et liberté ».
  • Le « Libera me » du Requiem de Fauré est sublime.

Dans une étude qui ferait mention de nombreux articles ou parties d’œuvres, il pourrait être plus commode de mettre tous les titres en italique. De même, si l’on cite seulement une partie d’une œuvre sans mentionner l’œuvre, on peut employer l’italique :

  • Nelligan est l’auteur du Vaisseau d’Or.

Le nom des livres sacrés s’écrit en caractères ordinaires :

  • la Bible
  • l’Évangile selon saint Luc
  • la Tora
  • le Coran
  • La Genèse est le premier livre de l’Ancien Testament.

Quant aux noms de prières, l’usage est variable. Ils s’écrivent parfois en italique, parfois en romain :

  • En disant le chapelet, ils récitent le Je crois en Dieu, des Notre Père et des Je vous salue Marie.
  • Réciter trois Pater et deux Ave.
Remarques
  1. On peut choisir d’employer les guillemets au lieu de l’italique pour les livres, les œuvres d’art, les films, les disques, etc. (voir 7.3.2 Livres, journaux, revues et oeuvres d’art). Dans l’usage, toutefois, l’italique tend nettement à l’emporter.
  2. Il est courant qu’un journal ou un périodique utilise les petites capitales au lieu de l’italique pour citer son propre nom à l’intérieur de ses pages.

5.2.2 Lois

Dans l’administration fédérale, le titre des lois s’écrit en italique. Cette convention s’applique aussi aux textes d’application des lois, comme les règlements, les ordonnances et les décrets :

  • la Loi de l’impôt sur le revenu
  • Ce rapport a été réalisé en vertu de la Loi sur l’emploi dans la fonction publique.
  • Le Décret sur les pommes de terre fraîches de l’Ontario a été pris en 1987.
  • Le Règlement sur l’équipement de sauvetage vient d’être modifié.

Normalement, si l’on ne cite pas le titre exact d’un texte de loi, on doit revenir au caractère ordinaire. Mais quand le mot loi ou règlement est employé elliptiquement, qu’il est précédé d’un article défini et qu’il n’y a aucune ambiguïté possible, on maintient l’italique. Dans les autres cas, le mot s’écrit en romain :

  • En cas de conflit entre le contenu de la présente brochure et les dispositions de la Loi sur les langues officielles, c’est la Loi qui prévaut.
  • Cette loi a été adoptée en 1969.
  • La nouvelle loi désigne un certain nombre de régions bilingues.

On emploie le romain dans le cas des projets de loi désignés par un numéro :

  • le projet de loi C-24

À l’intérieur même d’un texte de loi, il est d’usage de mettre en italique les noms des accords, ententes ou traités internationaux. En dehors des textes de loi, le titre de ces documents s’écrit habituellement en romain :

  • l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce
  • L’ONU a adopté la Convention relative au statut des réfugiés en 1951.

5.2.3 Véhicules

Le nom donné en propre à un bateau, à un train, à un avion, à un engin spatial, etc., peut s’écrire entre guillemets (voir 7.3.3 Véhicules), mais dans l’usage l’italique est beaucoup plus courant :

  • la Grande Hermine
  • le Titanic
  • le Queen Elizabeth
  • le voilier V’là l’bon Vent!
  • la sonde Voyager 2
  • la station orbitale Mir
  • le télescope Hubble
  • Lindbergh a traversé l’Atlantique à bord du Spirit of Saint Louis.
  • Quand il a contourné le cap, le Colbert était magnifique (Jean O’Neil).
  • Les Alliés reçurent la capitulation du Japon le 2 septembre 1945 sur le cuirassé Missouri (Grand dictionnaire encyclopédique Larousse).
  • Le Porte-Saint-Jean est un navire des Forces canadiennes.

Il convient d’observer que l’abréviation « NCSM » (Navire canadien de Sa Majesté) reste en romain :

  • le NCSM Porte-Saint-Jean

Il s’agit dans tous ces cas du nom de baptême donné à un seul et unique véhicule. Le nom propre attribué à une marque, à un modèle ou à un type de fabrication reste, lui, en caractères ordinaires :

  • une Toyota
  • la Ford Tempo
  • un Boeing 747
  • un missile Pershing-2
  • Le Concorde est un avion supersonique.

5.2.4 Établissements et événements

On compose en caractères ordinaires les noms d’enseignes, de propriétés et d’établissements commerciaux tels que les boutiques, les cafés, les hôtels, les magasins, les restaurants :

  • Boutique Chanteclerc
  • Quincaillerie Trudel
  • le restaurant Les Trois Frères
  • le Café de la Paix
  • la villa Belle Garde

Il est toutefois préférable de recourir à l’italique dans les cas où le romain créerait une ambiguïté. Par exemple, si une réunion doit se tenir au café Chez Jean-Pierre, on écrira, lorsqu’on fait l’ellipse du mot « café » :

  • La réunion se tiendra chez Jean-Pierre.

De façon générale, on laisse en romain les raisons sociales ainsi que les noms d’entreprises, d’organismes, de bâtiments :

  • les Éditions Duculot
  • la Banque Royale du Canada
  • les Productions Annie-Saulnier
  • la Corporation professionnelle des médecins du Québec
  • la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme
  • Triathlon Canada
  • le ministère de la Justice
  • l’aréna Maurice-Richard
  • le Théâtre du Nouveau Monde
  • le Musée des beaux-arts

La même règle s’applique aux noms de groupes, de conférences, d’orchestres, de troupes de danseurs, de compagnies de théâtre, aux manifestations culturelles, commerciales et sportives, aux prix et distinctions :

  • la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement
  • le Salon de l’automobile
  • le Festival des films du monde
  • le Tour de France
  • les XVes Jeux olympiques d’hiver
  • le prix Goncourt
  • le Quatuor Morency

5.2.5 Produits commerciaux et opérations techniques

Le nom des produits commerciaux s’écrit en caractères ordinaires :

  • un Coca-Cola
  • des bottes Sorel
  • une bouteille de Hertel

D’autre part, l’appellation de certaines créations de luxe telles que les parfums et les vêtements haute couture s’écrit parfois entre guillemets, mais habituellement en italique :

  • un flacon de Neiges
  • la robe Soir de Bal

On compose aussi en italique les noms dont l’administration civile, policière ou militaire désigne certaines de ses grandes entreprises :

  • l’expédition Antarctica
  • l’opération Carcajou
  • l’opération Tempête du désert

5.3 La phrase

5.3.1 Citations

En français, les citations sont généralement encadrées de guillemets (voir 7.2.1 Guillemets ou italique?, et suiv.). L’emploi des guillemets est encore plus souhaitable lorsque le texte comporte déjà d’autres éléments en italique, ou lorsqu’il contient de nombreuses citations ou des citations en langue étrangère, car l’italique pourrait devenir fatigant à lire.

La meilleure méthode consiste à employer les guillemets pour les citations, et à réserver l’italique pour les autres emplois, comme les langues étrangères, les titres d’ouvrages, les noms de véhicules, les mises en relief, les mots employés dans un sens spécial, etc.

Lorsqu’un texte ne comporte que quelques citations, on peut néanmoins opter pour l’italique. Il est important de procéder de façon uniforme tout au long du texte :

  • On ne sait pas pourquoi la femme de Loth se retourna malgré les paroles des deux anges. Le texte de la Genèse dit seulement qu’elle regarda en arrière, et elle devint une colonne de sel.
  • Et Lévis termine : Je prie M. le marquis de Vaudreuil de mettre sa réponse par écrit au bas du présent mémoire (R. Prévost).
  • Le pays où le commerce est le plus libre, écrit Voltaire, sera toujours le plus riche et le plus florissant.
  • Dans Les caractères, la Bruyère s’est souvent ingénié à renouveler de vieilles vérités :

Entre toutes les différentes expressions qui peuvent rendre une seule de nos pensées, il n’y en a qu’une qui soit la bonne. On ne la rencontre pas toujours en parlant ou en écrivant : il est vrai néanmoins qu’elle existe, que tout ce qui ne l’est point est faible, et ne satisfait point un homme d’esprit qui veut se faire entendre.

Lorsque le texte qu’on veut citer comporte lui-même des mots en italique (titres d’ouvrages, etc.), le procédé classique consiste à faire ressortir ces mots en revenant au caractère ordinaire :

  • En cas de conflit entre le contenu de la présente brochure et les dispositions de la Loi sur les langues officielles, c’est la Loi qui prévaut.

Logiquement, on devrait procéder de la même façon quand il y a une citation à l’intérieur d’un texte qu’on cite en italique; mais il est préférable de simplement guillemeter cette citation interne [voir aussi 7.2.6b) Citation double] :

  • Je vous cite, pour mémoire, le procès-verbal de la dernière réunion : L’Assemblée juge nécessaire de proposer la modification suivante à l’article 8 du règlement : « Le conseil se compose au maximum de neuf membres. »
Remarque

Lorsque l’italique apparaît à l’intérieur d’une citation entre guillemets, il est parfois utile d’indiquer par une note à qui il est dû :

  • « Mais, à tout cela, M. Bovary, peu soucieux des lettres*, disait que ce n’était pas la peine*! »
    * Italique de Flaubert.
  • « La langue générale, écrit René Georgin, est plus ou moins influencée par celle des auteurs contemporains qui, en contrepartie, subissent parfois la contagion de l’usage commun, même quand celui-ci est fautif » (c’est moi qui souligne).

5.3.2 Devises et maximes

Les devises, quelle que soit la langue dans laquelle elles sont formulées, se composent souvent en italique :

  • Je me souviens
  • A mari usque ad mare
  • Qui s’y frotte s’y pique

Il en va de même des dictons, des maximes, des proverbes :

  • Hâtez-vous lentement, maxime de Boileau
  • la maxime italienne : Traduttore, traditore
  • Comme le dit le proverbe, plaie d’argent n’est pas mortelle.

Comme ils sont assimilables à des citations, les dictons, maximes, devises et proverbes sont parfois laissés en romain et guillemetés (voir 7.2.12 Guillemets ou italique?).

5.3.3 Latin

Les locutions latines, abrégées ou non, et en particulier celles utilisées dans les travaux de recherche et d’édition, s’écrivent généralement en italique :

  • ad libitum
  • ad lib.
  • de facto
  • de jure
  • ibidem
  • ibid.
  • idem
  • id.
  • in extenso
  • in fine
  • infra
  • loco citato
  • loc. cit.
  • opere citato
  • op. cit.
  • supra

Il convient d’observer que lorsque, dans une référence bibliographique, le mot idem (ou id.) remplace le nom d’un auteur déjà cité dans une note précédente, il peut être composé dans le même caractère que le nom qu’il remplace. Le mot ibidem (ou ibid.), qui remplace le titre d’un ouvrage déjà cité, reste toujours en italique (voir aussi 12.2.3 Abréviation des références) :

  • J. Éthier-Blais, Autour de Borduas, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 1979, p. 77.
    Id., ibid., p. 140.
  • Id., Dictionnaire de moi-même, Montréal, Leméac, 1987, p. 109.

Les expressions et les mots latins qui sont francisés ou vraiment entrés dans l’usage français se composent en romain :

  • alter ego
  • a priori
  • curriculum vitae
  • de visu
  • erratum (errata)
  • etc.
  • ex-libris
  • grosso modo
  • in vitro
  • modus vivendi
  • nec plus ultra
  • persona non grata
  • post-scriptum
  • sine qua non
  • statu quo
  • vice-versa

5.3.4 Langues étrangères

Les mots empruntés aux langues étrangères et non adoptés par l’usage se mettent en général en italique :

  • Le centre de ces vastes domaines sucriers est la casa grande.
  • Les junior colleges complètent la formation générale.

Les mots étrangers qui sont entrés dans l’usage français n’ont toutefois plus besoin de l’italique :

  • l’apartheid
  • la common law
  • la dolce vita
  • un kibboutz
  • un méchoui
  • la perestroïka

Comme dans le cas du latin, il n’est pas toujours facile de savoir si un mot étranger est accrédité par l’usage. Le fait qu’un mot soit l’objet d’une entrée dans un dictionnaire courant nous fournit déjà un bon indice. C’est aussi une question de jugement; il faut tenir compte du contexte et du destinataire. Si on pense qu’un mot étranger est peu connu du lecteur, on le mettra en italique.

Les noms étrangers d’organismes, d’entreprises, d’institutions, d’établissements, de bâtiments, de groupes, de manifestations artistiques ou sportives, de compagnies de théâtre, de troupes de danseurs, d’orchestres, sont toujours en caractères ordinaires :

  • la General Motors
  • la Food and Drug Administration
  • la Library of Congress
  • le Foreign Office
  • le Massachusetts Institute of Technology
  • l’Academy of St. Martin-in-the-Fields
  • le Bundestag et le Bundesrat
  • la Vasaloppet
  • l’Istituto per la Ricostruzione Industriale

On emploie l’italique pour les citations en langue étrangère, qu’elles soient accompagnées ou non de leur traduction. La traduction, elle, se met entre guillemets dans le caractère du texte principal, c’est-à-dire en romain la plupart du temps :

  • Forcé de faire amende honorable, Galilée s’exclama : « Eppur, si muove! »
  • « Have more than thou showest
    Speak less than thou knowest…
     »
    (« Aie plus que tu ne montres,
    Dis moins que tu ne sais… »)
Remarque

Certains auteurs préfèrent mettre tout mot étranger entre guillemets, mais c’est un procédé beaucoup moins courant que l’italique (voir 7.3.7 Langues étrangères).

5.3.5 Niveaux de langue

On met parfois en italique, mais parfois aussi entre guillemets (voir 7.3.5 Niveaux de langue), les mots et les expressions qui s’écartent du langage régulier, comme les néologismes, les régionalismes, les mots impropres ou insolites, les surnoms, les tours populaires, familiers ou de tout autre niveau de langue — joualisant, poétique, technique, archaïque, ironique, etc. — ainsi que les mots qu’on emploie dans un sens spécial :

  • Inutile de vous dire qu’ils se sont fait maganer.
  • Les épluchettes étaient très populaires au 19e siècle (R. Dubuc et J.-C. Boulanger).
  • Dans le St-Laurent, il y a formation de frasil surtout entre Montréal et Sorel (Trésor de la langue française au Québec).
  • Ce sont des oiseaux nidifuges, c’est-à-dire qui fuient le nid.

5.3.6 Mots se désignant eux-mêmes

On a le choix entre les guillemets (voir 7.3.6 Mots se désignant eux-mêmes) et l’italique pour signaler un mot qui se désigne lui-même :

  • Abricot et caramel viennent de l’espagnol.
  • On exclut la personne qui parle.
  • Considérant que s’emploiera surtout lorsque l’on aura affaire à une alternative ou à une énumération (R. Catherine).
  • L’emploi du français leur permet le glissement du vous et du tu. D’habitude, le vous prédomine (M. Yourcenar).

On peut aussi mettre en italique les appellations de natures diverses introduites par des verbes comme appeler ou nommer :

  • La répartition des cultures entre les parcelles d’une exploitation est désignée sous le terme d’assolement.
  • Si la quantité d’ozone est supérieure à la quantité moyenne normale, on parlera de gain d’ozone.
  • Ceux qui se croyaient aux Indes les nommèrent Indiens ou Peaux-Rouges, parce que certaines tribus avaient l’habitude de se colorer la peau. De nos jours, on les appelle les Amérindiens (Encyclopædia Universalis).

Il faut reconnaître que bien des auteurs n’emploient ni guillemets ni italique après ces verbes :

  • L’union d’un os avec un os s’appelle une articulation (Petite encyclopédie médicale, Bordas).

Certains font de même lorsqu’ils citent un mot en apposition :

  • le mot accommoder
  • le terme d’agitateur

Mais cette façon de procéder n’est pas vraiment à recommander, car elle peut parfois être source d’ambiguïté. Comparer :

  • le mot juste
  • le mot juste

5.3.7 Mise en relief

D’une manière générale, on peut se servir de l’italique pour attirer l’attention sur un mot ou un passage qu’on juge important, pour marquer l’opposition entre des mots, ou encore pour rendre des particularités de l’oral :

  • C’est là que j’ai entendu parler pour la première fois d’ethnocide (M. Tournier).
  • Quant au bénéfice de l’obligation, il peut au contraire être invoqué par toutes les victimes, y compris les professionnels.
  • Nous devons placer la prévention par l’éducation en première ligne de l’offensive contre cette maladie.
  • Votre identité demeurera confidentielle, à moins que vous n’autorisiez sa divulgation.
  • Les arbres se divisent en deux grands groupes : les conifères et les feuillus.
  • Il n’en serait pas moins partial dans la mesure même où il est partiel (R. Aron).
  • On voit la prose balzacienne; celle de Dickens, on l’entend (G. Marcotte).
Remarque

Cette fonction d’insistance de l’italique est très populaire, mais il faut y recourir modérément. C’est un procédé que tout abus dévalorisera. Notons que certains préfèrent recourir au gras pour mettre un mot en relief :

  • Nous ferons appel à leurs services de façon ponctuelle.

5.4 Autres cas

5.4.1 Lettres de l’alphabet

Les lettres minuscules employées isolément dans le corps du texte s’écrivent parfois entre guillemets (voir 7.3.8 Lettres de l’alphabet), mais le plus souvent en italique :

  • Voir la figure a.
  • Il faut barrer les t et mettre les points sur les i.
  • Les mots d’origine latine ou grecque n’ont pas d’h aspiré normalement (A. Goosse).

Les lettres d’ordre (a, b, c…) qui introduisent les éléments d’une énumération peuvent se mettre en italique. On peut aussi utiliser le gras ou le gras italique pour les faire ressortir davantage :

  • On peut obtenir les services suivants :
    a) le téléachat,
    b) le courrier électronique,
    c) les services bancaires.
  • On peut obtenir les services suivants :
    a) le téléachat,
    b) le courrier électronique,
    c) les services bancaires.

Dans les lois et les règlements, la lettre indiquant l’alinéa s’écrit en italique, mais les chiffres romains indiquant le sous-alinéa ne prennent pas l’italique :

  • L’alinéa 453(l)h) de la loi est abrogé.
  • le sous-alinéa 453(1)h)(ii)

Les lettres minuscules qui servent à identifier les éléments d’un diagramme, d’une illustration, surtout lorsque ces lettres sont susceptibles d’être citées dans le corps du texte, se mettent en italique :

Exemple d’un diagramme avec des lettres minuscules qui servent à identifier des éléments.

Il en va de même des minuscules et de certains termes employés en mathématiques :

Exemple d’un diagramme avec des lettres minuscules qui servent à identifier des éléments en mathématique.

Les lettres minuscules employées comme symboles d’unités de mesure restent en caractères ordinaires :

  • h 40 min 10 s
  • Il mesure 1,80 m.

En général, les majuscules ne se mettent pas en italique :

  • le jour J
  • la bombe H
  • une antenne en forme de T
  • Soit a la distance de B à D.

5.4.2 Éléments extérieurs au texte

On compose en italique certaines indications au lecteur qui, sans faire partie du texte principal, l’explicitent ou le commentent. Il en va ainsi des indications d’interruption, de bruits, de marques d’approbation accueillant les remarques d’un orateur dans les procès-verbaux, les comptes rendus, les transcriptions de débats :

  • M. Venizuelos. — Monsieur le Président, je réclame… (Mouvements divers.) Je demande…
  • Une voix à gauche. — Demandez toujours. (Rires.)

La règle est la même pour les titres, fonctions ou grades des participants :

  • M. Rivera, directeur général de l’Office intercontinental. — Monsieur le Président, j’ai l’honneur de déposer le rapport provisoire de notre groupe d’étude.
  • M. Young, secrétaire de laconférence. — On m’a prié d’informer les délégués…

On met en italique les mots Report, À reporter, dans un texte de comptabilité ou de statistique, ainsi que les formules À suivre, Suite, Suite et fin, Suite de la page précédente, Suite à la page… ou leurs équivalents dans un journal ou une publication périodique. Les parenthèses entourant ces formules restent en romain, c’est-à-dire droites :

  • (Suite à la page 10)

Dans la présentation d’une pièce de théâtre, on compose en italique la description des décors, des éclairages, des costumes, des jeux de scène, des jeux de physionomie, les précisions de mise en scène et toutes les informations placées entre parenthèses :

  • Entre Clov, la lunette à la main.
  • CLOV. — Je suis de retour, avec la lunette. (Il va vers la fenêtre à droite, la regarde.) Il me faut l’escabeau.
  • HAMM. — Pourquoi? Tu as rapetissé? (Clov sort, la lunette à la main.) Je n’aime pas ça, je n’aime pas ça.
  • (S. Beckett, Fin de partie.)
Remarque

Quand on ne dispose pas de l’italique, il est courant de laisser toutes les indications complémentaires du texte en caractères ordinaires.

5.4.3 Travaux d’édition

Il est de tradition de composer en italique les exemples donnés dans les dictionnaires et les travaux de nature linguistique, pour les distinguer du texte. Mais souvent on les met simplement en retrait, comme dans le présent guide.

Certaines parties complémentaires d’un ouvrage ou d’un écrit quelconque, comme la dédicace, l’épigraphe, l’avertissement, la préface ou l’avant-propos, peuvent se composer en italique. La marque de propriété littéraire est la plupart du temps en romain  :

  • © Les Presses de l’Université Laval, 1996

Dans un lexique ou dans la table alphabétique des travaux scientifiques, des catalogues, des études littéraires, des dictionnaires et des encyclopédies, on peut mettre en italique le mot ou l’intitulé de rubrique auquel on renvoie le lecteur :

  • Alevinage — Voir Pisciculture

Dans un errata, la correction qu’il faut effectuer se met en italique, mais le mot inexact est habituellement en romain, encadré de guillemets :

ERRATA

  • Page 36, dixième ligne : remplacer « décryptage » par décodage.
  • Page 105, avant-dernière ligne : lire corollaire, et non « corolaire ».
Remarque

Dans les errata, on peut substituer le caractère gras à l’italique. De même, dans les tables alphabétiques, on peut remplacer l’italique par le gras, les petites capitales ou les guillemets.

5.4.4 Musique

On met en italique les noms des notes de musique, mais non les indications qui les accompagnent :

  • la clé de sol
  • un concerto en mi bémol
  • La Septième de Beethoven est en la majeur.

Les expressions caractérisant les mouvements musicaux se mettent en italique sur la partition même, mais dans une phrase elles restent en caractères ordinaires :

  • L’andante est la plus belle partie de cette symphonie.

Dans un titre d’œuvre, déjà en italique, le nom de la note de musique reste en italique :

  • le Concerto pour piano en mi bémol de Liszt
  • la Symphonie  7 en la majeur de Beethoven