Quand il est placé en tête de phrase, un groupe de mots jouant le rôle d’un adverbe est en principe suivi d’une virgule :
Quand l’adverbe figurant en début de phrase est un mot isolé, court ou long, il n’y a pas de règle absolue. En principe, on indique la virgule si la phrase est d’une certaine longueur ou si l’on désire créer un effet d’insistance. On l’omet si la phrase est courte, si elle est déjà abondamment ponctuée, ou si l’on veut accélérer le mouvement :
On notera que la virgule suit généralement les mots et locutions, comme bref, cependant, certes, donc, en effet, en outre, néanmoins, par ailleurs, toutefois, qui établissent un lien avec ce qui précède et qui contribuent ainsi à la clarté du message. En isolant ces mots charnières, la virgule se trouve à les renforcer et à souligner encore plus rigoureusement l’articulation des idées :
Quand ces mots figurent dans le corps de la phrase, on les encadre de virgules si on veut les mettre en vedette ou si la phrase est longue; on supprime les virgules quand la phrase est courte ou déjà abondamment ponctuée :
Certes est régulièrement précédé de la virgule lorsqu’il figure à la fin de la phrase :
Il est suivi d’une virgule en début de phrase lorsqu’il joue le rôle d’une charnière (voir 6.1.15 Adverbes et charnières). Dans le corps de la phrase, il est encadré ou non de virgules, selon la longueur de la phrase :
Lorsque donc est employé en tête de proposition, mais à l’intérieur de la phrase, il est précédé d’une virgule ou d’un point-virgule :
À noter que c’est pour éviter une accumulation de signes de ponctuation que l’on ne place pas une deuxième virgule après donc dans le premier exemple. Mais, comme mot charnière, il est en général suivi d’une virgule (voir 6.1.15 Adverbes et charnières) :
Donc n’est accompagné d’aucune virgule lorsqu’il sert, à l’intérieur ou à la fin de la phrase, à exprimer l’ironie, la surprise, ou à renforcer une interrogation ou une assertion :
On peut placer une virgule après or si l’on désire appuyer sur la conjonction ou si cette dernière est à la tête d’une phrase assez longue. La virgule se trouve alors à reproduire la pause qui serait, dans pareil cas, observée à l’oral :
Placé au début d’une phrase courte, or peut s’employer sans virgule :
Si, dans l’usage, la virgule tend à suivre certains adverbes placés en début de phrase, comme les mots bref et certes, elle est remarquablement absente après certains autres. Ainsi, jamais, en tête de phrase, n’est suivi de la virgule que lorsqu’il précède une proposition intercalée :
Il en va de même pour l’expression c’est pourquoi placée en tête de phrase :
Les adverbes de liaison ainsi, à peine, aussi, du moins, encore, en vain, peut-être, à plus forte raison, sans doute, etc., ne sont pas suivis de la virgule lorsque le sujet est inversé :
Dans les cas où ces adverbes ne sont pas suivis d’une inversion, la virgule fait ressortir l’enchaînement des idées et contribue à la clarté de l’expression, tandis que son absence a pour effet d’accélérer le débit, le mouvement de la phrase. La virgule a donc plus souvent tendance à intervenir dans les phrases longues que dans les phrases courtes (voir aussi 6.1.14 Complément circonstanciel et 6.1.15 Adverbes et charnières) :
Qu’il y ait ou non inversion du sujet, ainsi n’est pas suivi de la virgule lorsqu’il est employé avec le sens de « de cette façon » :
Il convient de noter que l’adverbe peut être précédé d’une virgule lorsqu’il est rejeté en fin de phrase. On obtient alors un effet de mise en relief semblable à celui que produiraient les points de suspension :
Le sens de la phrase peut changer du tout au tout selon qu’il y a ou non une virgule devant certains adverbes. Si on écrit :
c’est-à-dire d’une mort naturelle, on dit tout autre chose que si on écrit :
qui veut dire que personne n’est surpris d’apprendre la mort de Jérôme.
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