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3 La majuscule

La majuscule remplit deux grandes fonctions :  elle signale le début d’une phrase;  elle met en valeur le caractère unique, singulier ou supérieur de certaines réalités physiques ou abstraites exprimées par le nom propre.

Pour le nom propre, il n’y a pas de règles absolues concernant l’emploi des majuscules. Comme l’usage est souvent flottant, il est préférable, en cas d’hésitation, de choisir la minuscule.

3.1 La phrase

3.1.1 Majuscule et ponctuation

Le mot qui suit un point final commence toujours par une majuscule. De même, on met la majuscule après le point d’interrogation, le point d’exclamation et les points de suspension si l’on considère que ces signes terminent la phrase :

  • Que cherche-t-il? La meilleure solution.
  • Tenez parole! L’honneur l’exige.
  • Minuit… La ville dort.

La minuscule est cependant de rigueur si l’on estime que ces points ne servent qu’à détacher les éléments successifs d’une phrase :

  • Ô rage! ô désespoir! ô vieillesse ennemie!
  • Que préférez-vous : une poire? une pêche? du raisin?

Une phrase indépendante, inscrite entre parenthèses, commence par une majuscule :

  • Je suis sûr que tout se passera très bien. (Relisez quand même attentivement votre copie.)

3.1.2 Énumération horizontale

a) Énumération courte

On met la minuscule à tous les termes de l’énumération courte présentée à l’horizontale, que ces éléments soient simplement juxtaposés au moyen de la virgule, ou séparés par un point-virgule et mis en valeur par un numéro ou une lettre d’ordre :

  • La Société accorde de nombreux avantages : voiture de service, indexation de la retraite, remboursement des frais de déplacement.
  • Prière de présenter : 1. sa carte d’identité; 2. sa carte d’assurance; 3. son permis de conduire.
  • Le bon écrivain se méfie : a) de l’ampoulé; b) du pompeux; c) de l’ésotérique.

b) Énumération longue

Lorsque les éléments de l’énumération horizontale sont d’une certaine longueur, on peut employer la majuscule au premier mot de chacun de ces éléments, même si le segment précédent se termine par un point-virgule. La majuscule contribue à renforcer l’importance de l’idée ainsi détachée :

  • Les fonctions principales du directeur sont : 1. D’élaborer et de mettre en œuvre les politiques et les normes nationales en matière de gestion et de modernisation des installations; 2. D’assurer la gestion des biens immobiliers en ce qui concerne l’achat, l’aliénation et l’arpentage des propriétés; 3. D’administrer les politiques et les lignes directrices en vigueur.

Voir aussi 10.4.5 Éviter les longues énumérations horizontales.

3.1.3 Énumération verticale

L’énumération verticale est généralement annoncée par les deux points. La présentation de ses éléments peut être renforcée par des lettres, des numéros ou d’autres jalons comme les puces (·) et les tirets.

Souvent, chacun des éléments commence par la minuscule et se termine par le point-virgule (sauf le dernier, qui prend le point final), quelles que soient sa longueur et sa ponctuation interne — autrement dit, même s’il contient déjà un point. Signalons toutefois que la majuscule initiale est également très fréquente, peu importe la longueur des éléments, et que la ponctuation peut varier.

Les éléments doivent être présentés de façon uniforme. Seules les énumérations d’éléments très courts peuvent admettre la virgule ou se passer de ponctuation. Les exemples qui suivent n’illustrent que certaines des combinaisons possibles :

  • La Société accorde de nombreux avantages :

    voiture de service;
    indexation de la retraite;
    remboursement des frais de déplacement.
  • La Société accorde de nombreux avantages :

    a) voiture de service;
    b) indexation de la retraite;
    c) remboursement des frais de déplacement.
  • Le bon écrivain se méfie

    de l’ampoulé,
    du pompeux,
    de l’ésotérique.
  • Un bon rédacteur recherche :

    • La clarté
    • La simplicité
    • La concision
  • Cette règle définit notamment :

    1. L’organisation du transfert et de la distribution des explosifs, des détonateurs et autres articles de mise à feu;
    2. La conduite à tenir…;
    3. Les précautions à prendre pour la foration des trous de mines, le chargement et l’amorçage.
  • Le rédacteur peut se trouver dans l’une ou l’autre des situations suivantes :

    a) il ne connaît pas très bien le dossier de la personne à qui le ministre doit répondre. On lui a simplement communiqué les grandes lignes de l’affaire et le résumé de la décision;
    b) il est parfaitement au courant du dossier, mais on lui a demandé de rester vague sur certains points.
  • Pour bien préparer son voyage, il faut :
    1. s’informer sur sa destination :
      • température,
      • sécurité,
      • coût de la vie,
      • fêtes et coutumes,
      • moyens de transport,
      • etc.;

    2. penser plusieurs jours d’avance à ce qu’il faut absolument emporter, et surtout à ce dont on peut se passer;

    3. prévoir les situations difficiles;

    4. apprendre à dire au moins quelques mots dans la langue du pays.

3.1.4 Citation

Annoncée par les deux points ou placée au début de la phrase, la citation commence par une majuscule :

  • Je lui disais souvent : « Lève-toi plus tôt! » Il me répliquait d’un ton léger : « Chi va piano, va sano. »
  • « Qu’est-ce que vous voulez encore? », a demandé la vendeuse.

Elle prend toutefois la minuscule initiale si elle est entièrement fondue dans la phrase :

  • Est-il exact qu’à l’époque de Beaumarchais l’on pouvait « tout imprimer librement »?

Voir aussi 7.2.3 Phrase complète.

3.1.5 Poésie

La tradition veut que le premier mot d’un vers porte la majuscule, qu’il y ait ou non un signe de ponctuation à la fin du vers précédent :

  • Par les longs soirs d’hiver, sous la lampe qui luit,
    Douce, vous resterez près de moi, sans ennui,
    Tandis que, feuilletant les pages d’un vieux livre,
    Dans les poètes morts je m’écouterai vivre…
                                           (A. Lozeau.)

En poésie moderne, toutefois, on trouve souvent la minuscule au premier mot du vers :

  • Chez un tailleur de pierre
    où je l’ai rencontré
    il faisait prendre ses mesures
    pour la postérité.
                                 (J. Prévert.)

3.1.6 Entrées dans les listes

Pour que, dans les listes de tous ordres, il soit facile de distinguer le nom propre du nom commun, il est conseillé de réserver la majuscule aux entrées et aux vedettes qui l’exigent.

3.1.7 Lettres soudées en début de phrase

Lorsque, en début de phrase, les deux premières lettres d’un mot sont soudées (on dit qu’elles forment une ligature), elles doivent toutes deux prendre la majuscule :

  • Œil pour œil, dent pour dent.

3.2 Le nom propre

3.2.1 Nom propre par nature

Le nom propre par nature est une appellation particulière à un être, à une chose ou à un groupe d’êtres ou de choses. Il peut s’agir d’un nom de famille, d’un prénom, d’un pseudonyme, d’un nom de peuple, etc. Le nom peut être composé et peut comprendre l’article :

  • L’homme qu’était Laurier…
  • Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière.
  • Elle venait de La Tuque.

Le nom propre peut devenir nom commun :

À la suite d’une généralisation :

  • Séraphin (héros de roman)
  • un séraphin (homme avaricieux)
  • Mécène
  • un mécène

À la suite d’un transfert métonymique (rapport d’origine, en particulier) :

  • Oka
  • un morceau d’oka
  • la Champagne
  • du champagne

3.2.2 Nom propre par convention

Le nom propre par convention est un nom ou un adjectif du vocabulaire commun que l’on élève au rang de nom propre. Comme le nom propre par nature, il peut être simple ou composé :

  • le Pacifique
  • la rue Cinq-Mars

Le nom commun peut devenir nom propre :

S’il acquiert une valeur unique dans un contexte restreint. Dans ce cas, il se présente fréquemment sous une forme elliptique :

  • la Loi
  • les Prairies
  • les Communes

À noter que, dans le cas de loi, l’article défini joint à la majuscule renvoie à une loi précise, identifiée par le contexte; on écrirait cependant cette loi, la présente loi (voir aussi 5.2.2 Lois).

S’il est employé comme allégorie, ou à la suite d’une personnification ou de la déification d’idées, d’animaux, de choses ou de phénomènes :

  • La Cigale ayant chanté tout l’été…
  • La Nuit est fille de la Terre et du Ciel.

S’il est utilisé comme nom d’animal :

  • La course a été remportée par le cheval Secrétariat.

L’adjectif peut aussi devenir nom propre :

  • le Septième (personnage de Marie-Claire Blais)
  • les Rocheuses

3.2.3 Principes d’écriture

a) Article

L’article prend la majuscule lorsqu’il est le premier élément d’une appellation ou d’un titre :

  • Le malade imaginaire
  • La Ronge (ville de la Saskatchewan)

En cours de phrase, l’article se plie aux lois de la syntaxe : c’est dire que l’article défini le ou les, précédé de la préposition à ou de, prend la forme contractée, et qu’il se met alors en caractères ordinaires, avec minuscule initiale :

  • J’ai lu Le malade imaginaire en une soirée.
  • Je n’ai lu que quelques pages du Malade imaginaire.

Voir aussi 3.3.41 R.1 Titres d’écrits et autres.

b) Trait d’union

Le nom commun composé conserve ses traits d’union lorsqu’il devient nom propre :

  • la boutique Croque-Monsieur

Il en est de même pour le nom propre composé que l’on abrège :

  • Î.-P.-É. pour Île-du-Prince-Édouard

c) Préfixe

Les préfixes qui sont suivis d’un trait d’union dans un nom propre prennent la majuscule initiale :

  • l’Anti-Liban (chaîne de montagnes)
  • la Contre-Réforme
  • la région de l’Entre-Deux-Mers
  • les Néo-Zélandais

Toutefois, ces préfixes gardent la minuscule lorsqu’ils ne forment pas, avec les éléments auxquels ils sont joints par le trait d’union, un nom ou une dénomination véritable :

  • une manifestation anti-États-Unis
  • des pseudo-Français
  • nos alliés d’outre-Atlantique

d) Adjectif antéposé

Dans un nom propre composé ou une dénomination, comme dans le surnom d’une région, l’adjectif placé avant le premier substantif prend la majuscule :

  • la Grande-Bretagne
  • le Moyen-Orient
  • le Nouveau Monde
  • le Troisième Reich
  • les Hautes Études commerciales

e) Accents et autres signes

On doit mettre tous les signes orthographiques exigés par les mots (accent, cédille, tréma), y compris l’accent sur la préposition à :

  • Émilie
  • À la recherche du temps perdu

Cette règle s’applique notamment aux abréviations; seuls font exception les sigles proprement dits et les acronymes écrits tout en majuscules (voir 1.2.2 Règles d’écriture). On écrit donc :

  • É.-U. = États-Unis
  • Î.-P.-É. = Île-du-Prince-Édouard

       mais
  • CEE = Communauté économique européenne

f) Lettres soudées dans un nom propre

Lorsque les deux premières lettres d’un nom propre sont soudées, elles prennent l’une et l’autre la majuscule :

  • Le complexe d’œdipe est un élément central de la psychanalyse freudienne.
  • Les Ægates sont des îles proches de la Sicile.

3.3 Cas particuliers

Dans les règles qui suivent, le mot générique désigne le nom commun d’espèce qui entre dans une dénomination. Le spécifique, quant à lui, est l’adjectif, le nom en apposition ou le complément qui accompagne le générique en l’identifiant de façon particulière :

  • la crise (générique) d’Octobre (spécifique)
  • la fête (générique) des Mères (spécifique)
  • l’étoile (générique) Polaire (spécifique)
  • le ministère (générique) de l’Agriculture (spécifique)

3.3.1 Astres

On met la majuscule à tous les noms ou adjectifs désignant en propre des planètes, des étoiles, des constellations, etc., lorsqu’ils sont employés dans un sens scientifique, ainsi qu’aux mots Univers et Cosmos :

  • Sirius
  • Mercure
  • les Gémeaux
  • la Voie lactée
  • calculer la distance de la Terre au Soleil
  • L’Univers trouverait son origine dans une formidable explosion.

Le générique accompagné d’un spécifique prend toutefois la minuscule :

  • la planète Vénus
  • l’étoile Polaire
  • les lunes de Jupiter
  • la galaxie d’Andromède

On met la majuscule aux termes génériques (p. ex. planète, lune, étoile, galaxie) employés seuls pour désigner une réalité astronomique en particulier :

  • la Galaxie (la nôtre)
  • Neil Armstrong, le premier homme à marcher sur la Lune

Lorsque l’appellation est formée d’un nom précédé d’un adjectif, les deux prennent la majuscule :

  • la Grande Ourse
  • le Petit Chariot

On met la minuscule aux mots soleil, terre, lune, univers et cosmos, lorsqu’ils sont employés dans un sens courant, ainsi qu’aux termes génériques. Les autres noms d’astres prennent toujours la majuscule :

  • Elle se lève avec le soleil.
  • Ces gens se croient le centre de l’univers.
  • Il rêve d’être connu dans toute la galaxie.
  • Le Poisson volant et le Petit Renard sont des constellations.

3.3.2 Points cardinaux

On met la majuscule aux points cardinaux qui, employés comme noms ou comme adjectifs, désignent une région, un État ou un territoire, un continent ou une portion de continent, une partie quelconque de la terre :

  • le Grand Nord
  • le pôle Nord
  • l’hémisphère Sud
  • l’Amérique du Nord
  • l’Extrême-Nord canadien
  • l’Atlantique Sud
  • voyager dans l’Ouest
  • le Sud-Est asiatique
  • l’Europe de l’Ouest
  • les parfums du Midi
  • L’été dernier, nous avons visité tous les villages de la côte Nord.
  • Sa famille vient de la rive Sud.

Pour des raisons de simplicité et de logique, nous recommandons d’appliquer la même règle lorsque le point cardinal est suivi d’un complément introduit par de ou du :

  • voyager dans l’Ouest du Canada
  • habiter dans le Nord de l’Ontario
  • les parfums du Midi de la France
  • On annonce de la pluie pour tout l’Est du pays.

Il convient aussi de mettre la majuscule aux points cardinaux qui font partie d’un nom de lieu ou d’une adresse :

  • le cap Nord
  • la rivière Nicolet Sud-Ouest
  • rue Sainte-Catherine Ouest

On met enfin la majuscule aux points cardinaux qui entrent dans le nom d’entités architecturales :

  • l’édifice du Centre, l’édifice de l’Ouest (édifices du Parlement)
  • la tour Est
  • la gare du Nord

Par contre, on met la minuscule aux points cardinaux qui désignent une position du compas, une direction, une orientation, une situation relative :

  • le nord géographique
  • le nord magnétique
  • le côté ouest de l’étage
  • le versant sud-ouest de la montagne (exposé au sud-ouest)
  • suivre un axe est-ouest
  • à vingt degrés de latitude nord
  • une faible brise du sud-ouest
  • une fenêtre exposée à l’est
  • 35 kilomètres au nord d’Ottawa

3.3.3 Vents

Les noms des vents sont des noms communs, qui s’écrivent avec une minuscule initiale :

  • le chinook
  • le mistral
  • le noroît

Lorsqu’ils sont personnifiés par la poésie ou la légende, ils prennent la majuscule.

3.3.4 Nuages

D’après l’usage que l’on observe tant dans les encyclopédies que dans les dictionnaires généraux, les noms de nuages se composent sans majuscule initiale :

  • altocumulus (Ac)
  • altostratus (As)
  • cirrocumulus (Cc)
  • cirrostratus (Cs)
  • cirrus (Ci)
  • cumulonimbus (Cb)
  • cumulus (Cu)
  • nimbostratus (Ns)
  • stratocumulus (Sc)
  • stratus (St)

3.3.5 Divisions géologiques et archéologiques

Il convient d’écrire avec la majuscule les substantifs désignant, dans les ouvrages spécialisés, les grandes divisions géologiques et archéologiques :

  • le Quaternaire
  • le Paléolithique

On met la minuscule à ces mêmes mots dans les textes ordinaires.

3.3.6 Zoologie et botanique

On écrit avec une majuscule les noms des embranchements, classes, ordres, familles, genres et espèces, dans les ouvrages de zoologie ou de botanique :

  • les Rosacées
  • les Apétales
  • les Protozoaires
  • les Batraciens
  • les Mammifères
  • le Chimpanzé

Ces mêmes noms prennent la minuscule dans le langage courant :

  • L’amibe est un protozoaire.
  • La grenouille est un batracien.
  • L’aubépine est une rosacée.

Les noms scientifiques latins s’écrivent avec une majuscule au premier mot (voir aussi 5.3.3 Latin) :

  • Cycas revoluta
  • Rosa gallica

3.3.7 Noms géographiques

Les noms géographiques, ou toponymes, sont généralement composés d’un générique et d’un spécifique. Le générique est l’élément qui identifie de façon générale la nature de l’entité (baie, lac, rivière, village, etc.), alors que le spécifique identifie l’entité de façon particulière (dans montagnes Rocheuses et rivière des Outaouais, Rocheuses et Outaouais sont des spécifiques).

a) Entités géographiques

On entend par entités géographiques les entités naturelles comme les monts, les chaînes de montagnes, les vallées, les rivières, les lacs et les mers, et les entités artificielles comme les barrages, les canaux, les chenaux, les ponts, les quais et les réservoirs. Le générique de ces entités prend normalement la minuscule :

  • la baie Georgienne
  • le lac des Bois

Il s’écrit cependant avec une majuscule initiale s’il est placé après le spécifique entier, même quand il est suivi d’un point cardinal :

  • Les Grands Lacs
  • le Grand Ruisseau Ouest

Le spécifique prend toujours la majuscule. S’il est composé, on met la majuscule à chacun des éléments, y compris au point cardinal placé à la fin :

  • la baie de Fundy
  • la rivière de la Grande Anse
  • la Petite rivière Miramichi Sud-Ouest

L’article, l’article contracté et la particule de liaison prennent la minuscule :

  • les rapides du Joug aux Bœufs
  • le chenal de l’Île au Cochon
  • le lac État de Grâce
  • le lac à la Loutre

Cependant, l’article, l’article contracté et la particule (d’, de…) qui font partie d’un nom de famille ou qui sont les premiers constituants du spécifique prennent la majuscule :

  • le lac Le Gardeur
  • le mont D’Iberville
  • le ruisseau De La Durantaye

Les spécifiques constitués d’un nom de municipalité ou d’un nom de personne, et ceux qui sont composés d’une expression comportant un verbe et un sujet ou un complément, prennent le trait d’union :

  • le lac Saint-Pierre
  • le lac Émile-Nelligan
  • le barrage de L’Anse-Saint-Jean
  • la rivière Qui-Pleure
  • le pont Regarde-Qui-Pêche
  • le ruisseau Vire-Crêpe
Remarque

Sur les affiches, les panneaux de signalisation, les cartes, les listes et les tableaux, le générique prend la majuscule s’il n’est pas précédé d’un autre mot :

  • Baie Simpson

Il s’écrit cependant avec une minuscule s’il est encadré par les éléments du spécifique :

  • Grand lac des Esclaves (générique : lac)

b) Entités administratives

L’entité administrative est un territoire tel qu’une ville, un village, un parc provincial ou national, une réserve faunique. On peut également considérer comme entités administratives les entités politiques telles que les circonscriptions électorales, les provinces et les pays.

Le générique prend la minuscule, et le spécifique prend la majuscule. Si le spécifique est composé, ses éléments sont reliés par un trait d’union :

  • la ville de Lachine
  • la municipalité des Méchins
  • la municipalité de L’Annonciation-Partie-Nord
  • Saint-Jean-Port-Joli
  • Fort-Chimo

L’article et la particule de liaison prennent la minuscule :

  • Rivière-de-la-Chaloupe est un lieu-dit.

Cependant, l’article défini et la particule (d’, de…) qui font partie d’un nom de famille ou qui sont les premiers constituants du spécifique prennent la majuscule, et ne sont pas suivis d’un trait d’union :

  • De Grasse
  • le hameau de Lac-La Motte (l’article fait partie d’un nom de famille)
  • Les Méchins (l’article est le premier élément du spécifique)

Lorsque l’article Le ou Les ne fait pas partie d’un nom de famille, on fait la contraction si la syntaxe l’exige :

  • la ville de Le Gardeur (le nom Le Gardeur correspond à un nom de famille)
  • la municipalité des Méchins (le nom Les Méchins ne correspond pas à un nom de famille)

Le spécifique des entités administratives est souvent formé d’un nom de lieu naturel. Dans de tels cas, le générique qui est compris dans ce spécifique prend la majuscule :

  • parc du Mont-Tremblant
  • circonscription électorale du Lac-Saint-Jean
Remarque

Le spécifique des noms d’entités administratives ne prend pas de trait d’union lorsqu’il est de langue anglaise, amérindienne ou inuite, à moins qu’il s’agisse d’un nom de personne ou que le spécifique soit emprunté à un terme ou à un toponyme qui en comporte déjà dans cette langue :

  • la localité de North Hatley (spécifique anglais)
  • le parc Saint-Clare (spécifique anglais, mais il s’agit d’un nom de personne)
  • route de Willow-Bed (spécifique anglais, mais il s’agit d’un nom composé qui nécessite un trait d’union dans cette langue)

3.3.8 Voies de communication

Le générique d’un odonyme, c’est-à-dire d’un nom de voie de communication, doit toujours accompagner le spécifique. Il commence par une minuscule à l’intérieur d’un texte ou dans une adresse qui ne sert pas à la livraison du courrier (voir la Recommandation linguistique Écriture des adresses postales au Canada) :

  • boulevard Saint-Cyrille Est
  • l’autoroute Ville-Marie
  • Vieux chemin du Quai (générique : chemin)
  • Petite rue des Récollets (générique : rue)
  • Grand rang des Terres-Basses (générique : rang)

Cependant, si le spécifique précède entièrement le générique, celui-ci prend la majuscule, même quand il est suivi d’un point cardinal :

  • Grand Rang
  • 1re Avenue
  • Grande Allée Est (générique : allée)

Les éléments du spécifique prennent la majuscule. Cependant, les articles et les particules de liaison prennent la minuscule, à moins qu’ils ne fassent partie d’un nom de famille ou qu’ils ne soient les premiers constituants du spécifique. Le spécifique des noms de voies de communication prend le trait d’union, sauf exception :

  • chemin du Petit-Bois-d’Autray
  • route du Deuxième-Rang-Saint-Augustin
  • route du Bois-de-l’Ail
  • rue De La Chevrotière (De La Chevrotière est un nom de famille)
  • route de La Tuque

3.3.9 Noms de famille

Le nom de famille, ou patronyme, prend bien sûr la majuscule initiale. Il convient toutefois de rappeler ici les règles qui s’appliquent à l’article et à la particule nobiliaire ou patronymique, dans l’usage moderne.

a) Particules d’, de

Conformément à l’usage le plus fréquent, il est préférable de mettre la minuscule à la particule d’, de :

  • Madeleine de Verchères
  • le duc d’Orléans
  • Pierre de Coubertin
  • Charles de Gaulle

Il est toutefois admissible, notamment dans le corps d’un texte ou dans les dénominations sociales, d’écrire la particule avec une majuscule initiale, afin d’éviter soit une répétition gênante pour l’œil, soit une confusion possible avec la préposition grammaticale :

  • un discours de De Gaulle
  • une production De Neuville

b) Articles le, la, les

Les articles le, la, les commençant un nom de famille s’écrivent avec une majuscule dans l’usage actuel, même s’ils sont précédés de la particule de :

  • La Fontaine
  • le duc de La Rochefoucauld

En général, l’article agglutiné au nom prend seul la majuscule :

  • Louis-Hippolyte Lafontaine (plutôt que LaFontaine)

Il faut mettre la minuscule à l’article qui ne fait pas partie d’un nom de famille, mais qui se trouve employé, sous l’influence de l’usage italien, devant le nom de famille ou devant le surnom de personnages illustres :

  • la Callas
  • le Tintoret

c) Particules ou articles contractés du, des

Les auteurs d’ouvrages de typographie recommandent généralement de mettre la majuscule aux particules ou articles contractés du, des :

  • un sonnet de Du Bellay, de Joachim Du Bellay
  • Il avait rencontré Des Ormeaux.

3.3.10 Surnoms

On met la majuscule aux noms ou aux adjectifs qui sont employés comme surnoms de personnages historiques ou de personnages de la littérature, que ces surnoms soient ajoutés au nom propre ou qu’ils le remplacent. L’article prend cependant la minuscule :

  • Alexandre le Grand
  • Guillaume le Conquérant  
  • saint Jean l’Évangéliste
  • Richard Cœur de Lion
  • Jean sans Terre
  • le Libérateur (Bolivar)
  • la Grande Mademoiselle (Mlle de Montpensier)
  • le Prince Noir (Édouard, fils d’Édouard III)
  • saint Jean Baptiste
  • le Petit Chaperon Rouge

On ne doit pas considérer comme surnoms les épithètes poétiques accolées à certains noms propres, ni les simples périphrases :

  • Achille aux pieds légers
  • Berthe au grand pied
  • l’auteur d’Antigone

3.3.11 Peuples, races et collectivités

On met la majuscule au substantif qui désigne un peuple, une race ou les habitants d’une région déterminée. Lorsque cette désignation est un nom composé, chacun des éléments reliés par le trait d’union prend la majuscule :

  • les Canadiens
  • les Européens
  • les Basques
  • un Noir
  • une Blanche
  • un Oriental
  • une Québécoise
  • les Franco-Manitobains
  • les Anglo-Québécois
  • les Italo-Canadiens
  • les Néo-Zélandais
  • un Néo-Brunswickois
  • une Néo-Québécoise (hab. du Nouveau-Québec)

Cependant, on écrit un néo-Québécois (avec un n minuscule) pour désigner une personne nouvellement établie au Québec. De même, on écrit toujours les néo-Canadiens, étant donné qu’il n’existe pas de pays, de province ni de région s’appelant Nouveau-Canada.

On met la minuscule à l’adjectif qui renvoie à un peuple, à une race ou aux habitants d’une région déterminée, et à celui qui, qualifiant un nom de peuple, est le second élément d’une dénomination double :

  • la littérature canadienne
  • une éducation européenne
  • la musique noire
  • un Canadien français
  • une Canadienne anglaise
  • un Basque espagnol
Remarques
  1. Dans la langue générale, le substantif autochtone ne s’applique pas à un peuple, à une race ni à une collectivité en particulier; il s’écrit donc avec une minuscule. Dans le contexte canadien, toutefois, ce mot est aujourd’hui assimilé à un nom de peuple. En conséquence, il s’écrit avec une majuscule dans la fonction publique fédérale : Autochtone.

  2. Le nom de peuple devrait conserver la majuscule lorsqu’il est attribut. C’est l’usage le plus répandu :
    • Mon arrière-arrière-grand-mère était Allemande.

On met la minuscule au nom évoquant un peuple, une race ou les habitants d’une région déterminée, lorsque ce nom est employé pour désigner la langue, le costume, etc. :

  • apprendre l’allemand

3.3.12 Monsieur, madame, mademoiselle

Dans l’usage canadien, les titres de civilité monsieur, madame, mademoiselle prennent toujours la majuscule lorsqu’on s’adresse directement à la personne :

  • Je tiens à vous redire, Monsieur, à quel point vos marques de sympathie m’ont touché.
  • Veuillez croire, Madame la Directrice, que je vous suis reconnaissante de votre intervention.

Il est cependant préférable de les écrire avec une minuscule initiale lorsqu’ils précèdent le nom ou le titre d’une personne dont on parle :

  • Savez-vous que madame Lefebvre assistera à la réunion?
  • J’ai le regret de vous dire que monsieur le ministre ne peut accepter votre invitation.

Il est admis, devant le nom ou le titre d’une personne dont on parle, d’abréger le titre de civilité :

  • J’ai rencontré M. Jobin hier après-midi.
  • Mme la présidente me charge de vous transmettre ses félicitations.

Voir aussi 1.1.23 Titres de civilité et titres honorifiques.

3.3.13 Titres de fonctions et grades militaires

Devant les hésitations de l’usage et par souci de simplification, nous recommandons de toujours mettre la minuscule au titre de fonction ou au grade militaire lorsqu’il désigne une personne dont on parle  :

  • Il appartient au premier ministre de choisir les membres du Cabinet.
  • Elle travaille à la résidence du gouverneur général.
  • Ils ont rencontré la ministre.
  • Il a eu un entretien avec le général hier après-midi.
  • Avez-vous lu le dernier rapport du vérificateur général?
  • M. Lépine relève maintenant du directeur des Communications.
  • La présidente, Mme Boisvert, recevra brièvement les journalistes.
  • J’aimerais obtenir un rendez-vous avec la doyenne.
  • L’ambassadeur rencontrera demain le président de la République.
  • Veuillez libeller votre chèque à l’ordre du receveur général du Canada.

Il est par contre préférable de mettre la majuscule au titre de fonction ou au grade militaire dans le cas où il désigne la personne à qui l’on s’adresse, notamment dans les formules d’appel ou de salutation :

  • Monsieur le Recteur et cher ami,
  • Je vous serais reconnaissant, Madame la Présidente, de bien vouloir me rencontrer pour discuter de la question.
  • Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l’expression…
  • Je vous prie d’agréer, Excellence,…

Lorsque le titre est formé de deux substantifs, et qu’il s’agit de la personne à qui l’on s’adresse, les deux substantifs prennent la majuscule :

  • Président-Directeur général
  • Secrétaire-Trésorière
  • Lieutenant-Gouverneur

Lorsque la personne à qui l’on s’adresse est désignée par un titre de fonction composé (avec ou sans trait d’union), la majuscule doit se mettre au premier substantif, ainsi qu’à l’élément qui précède :

  • Gouverneur général
  • Première Ministre
  • Sous-Ministre
  • Vice-Président
  • Haut-Commissaire
  • Directeur adjoint
  • Directrice générale

3.3.14 Docteur, maître

Écrits en toutes lettres, les titres docteur et maître prennent la minuscule, sauf si l’on s’adresse directement à la personne ainsi désignée :

  • Il est docteur en physique nucléaire.
  • J’ai demandé à la docteure Champagne de passer voir le patient.
  • Il a discuté de votre affaire avec maître Rochette.
  • Veuillez agréer, chère Maître, l’expression…

Voir aussi 1.1.9 Docteur, 1.1.23 Titres de civilité et titres honorifiques, et 9.2.5 Maître et docteur.

3.3.15 Titres honorifiques

On met toujours la majuscule aux noms et aux adjectifs, qualificatifs ou possessifs, qui entrent dans la composition des titres honorifiques :

  • La foule se pressait sur le passage de Sa Majesté.
  • Leurs Altesses Royales visiteront l’exposition technologique.
  • C’est hier que Son Éminence est arrivée à Rome.

3.3.16 Titres de noblesse

Les titres de noblesse prennent la minuscule initiale :

  • le roi de Suède
  • le duc de Saint-Simon
  • l’impératrice Joséphine
  • Sa Majesté la reine
  • S. M. la reine Fabiola
  • S. A. R. le prince de Galles

Devant les hésitations de l’usage, nous recommandons de toujours mettre la minuscule aux titres lady, lord et sir. Noter que sir ne s’emploie jamais sans le prénom.

3.3.17 Titres religieux

Les titres religieux prennent la majuscule initiale lorsqu’on les emploie pour s’adresser à une personne, en particulier dans les formules d’appel et de salutation :

  • Monsieur le Curé,
  • Je vous prie d’agréer, Révérende sœur, l’expression de mes sentiments les plus respectueux.

Dans les autres cas, ils prennent la minuscule :

  • l’abbé
  • l’aumônier
  • le curé
  • le dalaï-lama
  • l’évêque
  • l’imam
  • le nonce
  • le pape
  • le père
  • le rabbin
  • la sœur
  • le souverain pontife

3.3.18 Dieu et les personnes sacrées

On met la majuscule aux noms qui désignent Dieu et les personnes sacrées dans les religions monothéistes :

  • Jésus
  • le Prophète (Mahomet)
  • la Vierge
  • le Fils
  • Allah

On met aussi la majuscule aux surnoms désignant l’Être divin :

  • le Tout-Puissant
  • le Très-Haut
  • le Rédempteur

Par ailleurs, les mots jésus et christ prennent la minuscule lorsqu’ils s’appliquent à des objets :

  • des christs d’ivoire

On les écrit cependant avec une majuscule lorsqu’ils désignent le sujet d’une œuvre d’art :

  • un Christ du Greco

3.3.19 Divinités et personnages mythiques

Il convient de mettre la majuscule :

Aux noms des divinités appartenant aux religions autres que les grandes religions monothéistes :

  • Baal
  • Brahma
  • Amon
  • Vishnu

Aux noms désignant en propre les dieux, les héros, les monstres de la mythologie :

  • Apollon
  • Athéna
  • le Minotaure
  • Prométhée

Aux noms qui désignent un petit groupe de divinités ou qui sont assimilés à des noms de peuples :

  • les (trois) Grâces
  • les (neuf) Muses
  • les Titans
  • les Amazones

Aux noms qui désignent en propre certains êtres surnaturels :

  • Gabriel
  • Lucifer
  • Viviane
  • Carabosse

On met par contre la minuscule :

Aux noms qui désignent une catégorie entière de divinités, de personnages légendaires ou d’êtres surnaturels :

  • les djinns
  • les sirènes
  • les anges
  • les nymphes

Aux noms employés au sens figuré pour évoquer une qualité attribuée à un être ou à une catégorie d’êtres surnaturels :

  • avoir une taille de nymphe
  • un hercule de foire
  • taquiner la muse
  • c’est une vraie furie

3.3.20 Saint

Saint, adjectif, se rencontre dans un grand nombre d’expressions sur la graphie desquelles les auteurs ne s’entendent guère. Ainsi, on écrit la sainte Famille ou la Sainte Famille, les saintes Écritures ou les Saintes Écritures. Les indications qui suivent ne concernent donc que les points sur lesquels on s’accorde aisément.

Le mot saint prend la majuscule lorsqu’il entre dans la composition de noms auxquels il se joint par un trait d’union pour former un nom propre désignant, notamment, une personne, un ordre religieux, une société, une alliance, une date historique, une fête, un lieu :

  • le compositeur Saint-Saëns
  • la Saint-Vincent-de-Paul
  • la Saint-Jean-Baptiste
  • la Sainte-Alliance
  • la ville de Sainte-Foy
  • la rue Sainte-Catherine
  • le Saint-Père
  • le Saint-Laurent

Le mot saint prend cependant la minuscule :

Quand, ne faisant pas partie d’un nom composé, il désigne le personnage même :

  • la vie de sainte Thérèse
  • la légende de saint Nicolas

Quand il fait partie d’un nom commun composé, avec trait d’union, désignant une réalité étrangère au domaine de la religion :

  • un saint-bernard (chien)
  • un saint-émilion (vin)
  • un saint-honoré (gâteau)
  • du saint-nectaire (fromage)

3.3.21 Église

Église prend la majuscule :

Lorsqu’il désigne une confession chrétienne :

  • l’Église catholique
  • l’Église grecque orthodoxe
  • l’Église adventiste du septième jour
  • les Églises réformées ou protestantes

Lorsqu’il s’applique à l’ensemble des fidèles et du clergé :

  • un homme d’Église
  • l’Église du Canada

Ce mot s’écrit cependant avec la minuscule :

Lorsqu’il désigne l’édifice consacré au culte de la religion chrétienne :

  • aller à l’église

Lorsqu’il sert à désigner un groupe de personnes, un parti dont les membres professent la même doctrine avec une ardeur quasi religieuse :

  • Les amateurs de ce style de peinture forment une église très fermée.
Remarque

Dans le nom propre des églises, le mot saint ne s’abrège jamais et se joint au nom du saint par un trait d’union. Les autres éléments liés au nom du saint sont également unis par un trait d’union, sauf s’ils ne font pas vraiment partie de la désignation mais indiquent plutôt le lieu où est situé l’édifice :

  • la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré
  • l’église Sainte-Ursule de Montréal

3.3.22 Partis politiques, mouvements artistiques, religions

Il convient de mettre la majuscule :

Au premier mot du nom exact d’un parti ou d’un mouvement politique. Si le premier mot est un adjectif, on met aussi la majuscule au substantif qui suit :

  • le Nouveau Parti démocratique
  • le Parti libéral du Canada
  • le Parti vert du Québec
  • le Parti conservateur du Canada

La même règle s’applique aux noms de mouvements artistiques ou littéraires :

  • le Groupe des sept
  • l’École littéraire de Montréal

Aux noms de religions et à ceux de leurs adeptes lorsqu’on veut assimiler ces appellations à des noms de peuples, notamment pour marquer une opposition :

  • la Chrétienté contre l’Islam
  • la défaite des Infidèles

On met toutefois la minuscule :

Aux mots parti, mouvementetc., et aux termes qui évoquent des regroupements politiques, lorsqu’ils n’entrent pas dans le libellé exact d’une dénomination :

  • la droite
  • le centre gauche
  • le parti communiste

Aux noms de religions, de doctrines et d’écoles lorsqu’ils ne s’appliquent qu’à la doctrine, même s’ils sont dérivés d’un nom propre de personne :

  • l’intégrisme
  • le christianisme
  • le duplessisme
  • le nazisme

Aux noms des membres de partis politiques :

  • les libéraux
  • les péquistes
  • les bloquistes
  • les conservateurs
  • les réformistes
  • les républicains

Aux noms qui désignent les adeptes de doctrines, d’idéologies religieuses ou politiques, et d’écoles artistiques et littéraires :

  • les impressionnistes
  • les romantiques
  • les juifs
  • les moudjahidin
  • les protestants
  • les catholiques

Aux noms qui désignent les membres des ordres monastiques et des ordres religieux :

  • les clarisses
  • les jésuites

3.3.23 Fêtes civiles et religieuses

Il convient de mettre la majuscule :

À l’appellation formée d’un seul élément :

  • Pâques
  • la Toussaint
  • les Fêtes

On écrit par ailleurs « la période des Fêtes », période ne faisant pas partie de l’appellation. De même, lorsqu’il est question de la fête judaïque annuelle qui commémore l’exode d’Égypte, « la pâque » s’écrit avec une minuscule initiale, quoique l’on trouve assez souvent aujourd’hui la majuscule, plus respectueuse.

Au nom et à l’adjectif, qualificatif ou numéral, qui le précède :

  • le Nouvel An
  • le Vendredi saint  
  • le 11 Novembre
  • le Premier Mai ou 1er Mai

On met cependant la minuscule au terme générique (comme « fête ») et la majuscule au spécifique (comme « Travail ») dans une appellation formée du mot jour, fête ou du nom d’un jour de la semaine :

  • la fête du Travail
  • la fête des Mères
  • la fête de l’Armistice
  • la fête du Saint-Sacrement
  • le jour du Souvenir
  • le jour de l’An
  • le jour des Rois
  • le jour des Morts
  • le mercredi des Cendres
  • le dimanche des Rameaux

Quand le spécifique est formé d’un nom suivi d’un complément, on met la majuscule au nom, la minuscule au complément :

  • le Premier de l’an
  • l’Action de grâces

3.3.24 Manifestations culturelles, commerciales et sportives

On met toujours la majuscule au premier substantif et, le cas échéant, à l’adjectif, qualificatif ou numéral, qui le précède :

  • la Biennale de Venise
  • le Carnaval de Québec
  • la Coupe Davis
  • la Coupe du monde
  • l’Exposition universelle de 1967
  • le Festival de jazz de Montréal
  • les Floralies
  • la Foire du livre
  • le Grand Prix de Monaco
  • les Jeux du Québec
  • les Jeux olympiques d’hiver
  • les XXIIIes Jeux olympiques d’hiver
  • les Olympiques
  • la Journée internationale de l’alphabétisation
  • les Médiévales
  • le Rallye de Monte-Carlo
  • le Salon de 1920
  • le Salon de l’automobile
  • le Xe Salon du livre
  • le Tour de France  
  • les Vingt-Quatre Heures du Mans

3.3.25 Colloque, conférence, congrès, etc.

Les avis étant partagés, nous recommandons de mettre la majuscule au mot initial de la dénomination de congrès, conciles, colloques, conférences, etc. :

  • la Conférence d’action nationale sur l’usage des drogues
  • le Congrès annuel des champignonnistes du Canada
  • le Colloque international de bioéthique
  • le Symposium canadien sur la télédétection
  • le Concile du Vatican

3.3.26 Guerres et autres grands événements

a) Guerres et batailles

On met la majuscule au mot guerre, de même qu’à l’adjectif qui précède, uniquement lorsqu’il entre dans le nom d’un conflit mondial, et que la date n’est pas indiquée :

  • la Première Guerre mondiale
  • la Grande Guerre
  • la Seconde Guerre mondiale
  • la Deuxième Guerre mondiale

Dans les autres cas, on l’écrit avec une minuscule. La majuscule est réservée aux éléments de l’éventuel complément du nom (nom et adjectif antéposé) :

  • les deux guerres mondiales
  • la guerre civile
  • la guerre froide
  • la guerre sainte
  • la troisième guerre israélo-arabe
  • la guerre du Golfe
  • la guerre de 1914-1918
  • la guerre de Cent Ans
  • la guerre de l’Indépendance américaine
  • la guerre du Rif

Il en va de même des autres noms désignant des guerres ou des batailles :

  • l’intifada
  • la bataille des Plaines d’Abraham
  • la retraite de Russie
  • la huitième croisade
  • le djihad

Dans le cas où le nom est constitué seulement d’un spécifique, on met la majuscule au nom et, s’il y a lieu, à l’adjectif antéposé :

  • la Longue Marche

b) Autres grands événements

Il convient de mettre la minuscule au terme générique (querelle, massacre, prise, siège, chute, sac, révolution, etc.) et la majuscule au spécifique, c’est-à-dire au nom en apposition ou au nom complément :

  • la rébellion de 1837
  • le soulèvement des Métis
  • le siège de Québec
  • la crise d’Octobre
  • le printemps de Prague
  • l’affaire Dreyfus

On met la majuscule au spécifique non accompagné d’un générique et à l’adjectif qui le précède, de même qu’au générique employé seul :

  • le Grand Dérangement
  • la Révolution tranquille
  • la Libération
  • la Révolution (mais la révolution de 1789)
  • Mai 68

3.3.27 Époques et régimes

On met la minuscule aux éléments des noms d’époques légendaires, préhistoriques ou historiques composés du générique âge ou ère suivi d’un adjectif ou d’un nom complément :

  • l’âge d’or
  • l’âge de la pierre polie
  • l’âge féodal
  • l’ère moderne
  • l’ère atomique
  • l’ère Meiji

On met la majuscule au nom d’un régime politique évoquant une époque, ainsi qu’à l’adjectif qui le précède. Si le nom s’accompagne d’un complément ou d’un nom en apposition, c’est ce complément ou ce nom en apposition qui prend la majuscule :

  • la Deuxième République
  • la Restauration
  • le Régime français
  • la république de Weimar
  • la monarchie de Juillet
  • le régime Trudeau

Les historiens mettent la majuscule à certaines désignations d’époques qu’ils considèrent comme des noms propres. On écrit donc, avec une majuscule au premier nom et à l’adjectif qui le précède éventuellement :

  • l’Antiquité
  • l’Inquisition
  • la Renaissance
  • les Années folles
  • les Temps modernes
  • le Moyen Âge
  • la Belle Époque
  • le Siècle de Périclès
  • le Siècle des lumières
  • la Ruée vers l’or

Noter qu’on peut écrire Moyen Âge, Moyen-Âge, moyen âge, moyen-âge ou Moyen âge.

Les appellations suivantes ne sont pas tenues pour des noms propres, et prennent donc la minuscule :

  • l’époque romaine
  • l’époque contemporaine
  • les grandes migrations
  • les grandes invasions

3.3.28 État

Le mot état prend toujours la majuscule lorsqu’il désigne un territoire, son gouvernement ou son administration. Sinon, il s’écrit avec la minuscule :

  • les États africains
  • l’État d’Israël
  • l’État de New York
  • un secret d’État
  • les rouages de l’État
  • l’état civil
  • l’état des lieux
  • l’état de siège
  • les états généraux
  • un état d’âme

3.3.29 Institutions, administrations, organismes

Il convient de mettre la majuscule au terme générique par lequel commence le nom officiel d’une institution, d’une administration, d’un service de l’État ou d’un organisme international, de même qu’à l’adjectif qui le précède. Cette règle s’applique aux désignations suivantes :

Corps de l’État et organes des pouvoirs législatif et exécutif

  • l’Assemblée législative (du Nouveau-Brunswick, du Manitoba…)
  • l’Assemblée nationale (du Québec)
  • le Cabinet, mais le cabinet restreint
  • le Conseil des ministres
  • la Chambre des communes, mais les Communes
  • la Commission de la fonction publique
  • le Conseil du Trésor
  • le Parlement
  • le Sénat
  • le Conseil privé de la Reine pour le Canada (Reine prend ici la majuscule)

Noter que fonction publique s’écrit toujours avec deux minuscules. Dans le sens de « trésor public », Trésor prend toujours la majuscule.

Organes du pouvoir judiciaire et tribunaux administratifs

  • l’Office national des transports
  • la Commission de l’immigration et du statut de réfugié
  • la Cour canadienne de l’impôt
  • la Cour fédérale du Canada
  • la Cour suprême (du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest…)
  • la Cour suprême du Canada
  • la Cour supérieure du Québec
  • la Haute Cour (de l’Ontario)
  • le Tribunal canadien du commerce extérieur

Administrations et établissements publics ou parapublics

  • l’Agence canadienne de développement international
  • l’Administration de la voie maritime du Saint-Laurent
  • le Bureau du vérificateur général
  • le Bureau du surintendant des institutions financières
  • la Commission de la capitale nationale
  • la Commission des droits de la personne
  • le Conseil canadien de la magistrature
  • le Conseil supérieur de l’éducation
  • le Conseil municipal de Trois-Rivières
  • la Monnaie royale canadienne
  • l’Office de la langue française
  • l’Office du crédit agricole
  • la Régie des rentes du Québec
  • la Société canadienne d’hypothèques et de logement
  • la Société d’aménagement de la baie James
  • la Société générale de financement du Québec

Organismes internationaux ou supranationaux

  • la Banque mondiale
  • la Communauté économique européenne
  • le Fonds monétaire international
  • le Marché commun
  • l’Organisation des Nations Unies
  • la Société des Nations
  • l’Union postale universelle

Certaines de ces désignations peuvent cependant s’employer comme noms communs, et prendre dans ce cas la minuscule :

  • Cette localité vient d’élire un nouveau conseil municipal (article indéfini).
  • Les assemblées législatives votent les lois (pluriel).
  • Je ne sais plus s’il a travaillé à la cour supérieure du Manitoba ou à celle de l’Ontario (reprise par un pronom).

3.3.30 Ministère

L’usage canadien veut que l’on mette une minuscule à ministère lorsqu’il commence la dénomination. On met une majuscule à chacun des compléments :

  • le ministère de l’Agriculture
  • le ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche
  • le ministère des Affaires culturelles
  • le ministère des Travaux publics et des Services gouvernementaux
  • le ministère de la Défense nationale

Au sein de la fonction publique, ministère prend la majuscule lorsque, précédé de l’article défini ou contracté, il est employé seul pour désigner un ministère précis, clairement identifié par le contexte :

  • Le Ministère a lancé ce programme afin de…
  • Les fonctionnaires du Ministère sont invités…
         mais
    Pour assurer la saine gestion de notre ministère…

3.3.31 Direction, division, service, etc.

On met la majuscule seulement au terme générique (direction générale, direction, division, section, sous-section, serviceetc.) par lequel commence le nom d’une subdivision administrative :

  • la Direction générale de l’exploitation
  • la Direction de la terminologie
  • la Division de l’inspection des viandes
  • la Section des approvisionnements
  • la Sous-section du catalogage
  • le Service de la comptabilité

À condition d’être précédé de l’article défini, le terme générique prend la majuscule lorsqu’il est employé sans complément pour désigner une entité bien précise, clairement identifiée par le contexte :

  • La Division offre ces cours à tout le personnel.
         mais
    Ces
    directions ont convenu d’organiser un programme d’échanges…

Si l’on fait l’ellipse du mot direction, divisionetc., pour ne garder que le complément, celui-ci prend la majuscule. Dans le cas où l’appellation elliptique comporte plus d’un complément, on met la majuscule à chacun :

  • La politique des Langues officielles…
  • Elle est directrice générale de la Correspondance ministérielle et des Relations avec les médias.

3.3.32 Loi, règlement, décret

Il convient de mettre la majuscule, conformément à l’usage canadien, au premier mot des titres de lois et de règlements :

  • Loi sur le divorce
  • Règlement sur les abribus
  • Décret  1 de 1985 sur l’importation de volailles

3.3.33 Programme, projet, plan, etc.

On met la majuscule aux mots programme, projet, plan, opération, etc., lorsque, suivis d’un adjectif ou d’un complément, ils font partie du nom officiel d’une activité :

  • le Plan vert
  • le Programme d’abandon du tabac
  • le Programme d’accueil des entreprises étrangères
  • le Programme de lutte contre la contrebande
  • le Projet spécial de développement des productions animales

Ces mots prennent cependant la minuscule lorsque le nom officiel de l’activité est placé en apposition :

  • le programme Nouveaux Horizons
  • la campagne Centraide
  • le plan Marshall
  • l’opération Nez rouge

Lorsqu’il ne s’agit pas d’un titre officiel, on ne met aucune majuscule. On peut utiliser les guillemets pour signaler le nom de l’activité :

  • Pour attirer les clients, il va falloir lancer une opération « baisse des prix ».
  • En fin de semaine, c’était chez nous l’opération « coup de pinceau ».

Voir aussi 5.2.5 Produits commerciaux et opérations techniques, et 7.3.4 Produits commerciaux et opérations techniques.

3.3.34 Unités militaires

L’usage canadien veut que l’on mette la majuscule aux termes génériques qui entrent dans les noms d’unités militaires :

  • les Forces armées canadiennes
  • le Commandement aérien
  • l’Artillerie royale canadienne
  • la Force terrestre
  • la Réserve aérienne
  • le Centre des opérations aéroportées du Canada
  • le Centre d’alerte provincial Valcartier
  • le Royal 22e Régiment
  • la 16e Escadre
  • le 1er Groupe-brigade mécanisé du Canada

Dans le cas où l’appellation comprend plus d’un nom d’unité, tous les génériques prennent la majuscule :

  • le Commandement de la Force terrestre
  • le Quartier général du Commandement de la Force terrestre
  • l’École de navigation aérienne des Forces canadiennes
  • l’École de combat de l’Artillerie royale canadienne
  • la Musique du Commandement aérien
  • la Station des Forces canadiennes Flin Flon
  • la 17e Escadrille de renfort de la Réserve aérienne
  • la Compagnie du renseignement du Secteur de l’Ouest de la Force terrestre

On met aussi la majuscule aux appellations métonymiques :

  • les Bérets verts
  • les Casques bleus

Il faut mettre la minuscule, par contre, aux génériques employés comme noms communs pour désigner des unités d’un certain type :

  • Les missions de ce genre doivent être confiées à un escadron de transport.

3.3.35 État-major

Au Canada, ce terme ne commence pas de dénomination officielle et prend donc toujours la minuscule :

  • l’état-major d’un corps d’armée
  • l’état-major d’une entreprise
  • l’état-major d’un syndicat
  • l’état-major d’un ministre
  • l’École d’état-major des Forces canadiennes

3.3.36 Maisons d’enseignement

La question de la majuscule à l’initiale des noms de maisons d’enseignement, de centres de recherche et de sociétés savantes est loin de faire l’unanimité, et les règles énoncées par la plupart des linguistes ne sont pas toujours d’application facile. Par ailleurs, chacun des établissements a droit à son identité propre, et la majuscule a précisément pour fonction de distinguer le nom propre du nom commun. On est donc fondé à mettre la majuscule, dans tous les cas, au terme générique qui commence le nom d’une maison d’enseignement, d’un centre de recherche ou d’une société savante :

  • l’Académie française
  • l’Académie des lettres du Québec
  • le Cégep du Vieux-Montréal
  • le Collège militaire royal de Kingston
  • le Collège Saint-Joseph
  • le Conservatoire de musique de Hull
  • l’École secondaire André-Laurendeau
  • l’École nationale d’administration publique
  • l’École des hautes études commerciales
  • l’École polytechnique
  • l’École supérieure des arts et métiers
  • l’École de ski ISS
  • l’École de musique Vincent-d’Indy
  • la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa
  • l’Institut de formation de Transports Canada
  • l’Institut Armand-Frappier
  • la Polyvalente Donnacona
  • la Société royale du Canada
  • l’Université Laval
  • l’Université de Montréal
  • l’Université de Princeton

S’il y a lieu d’abréger le nom en indiquant seulement le spécifique, on met la majuscule au premier substantif et à l’adjectif qui le précède, ou encore à l’adjectif employé seul :

  • les Hautes Études commerciales
  • un diplômé de Polytechnique

Lorsque le spécifique est formé de substantifs coordonnés, la majuscule se met à chacun de ces éléments :

  • Elle s’est inscrite à Arts et Métiers.

On met cependant la minuscule au générique (cégep, collège, école, institut, conservatoireetc.) lorsqu’il est employé comme nom commun :

  • les cégeps du Vieux-Montréal et du Bois-de-Boulogne (pluriel)
  • l’école primaire de Saint-Marc-des-Carrières et celle de Pont-Rouge (reprise par un pronom)
  • Elle s’est inscrite à une académie de danse située non loin de chez elle (article indéfini).
  • J’ai laissé mes gants dans ma case, à l’université (immeuble).
  • Il n’a jamais eu les moyens de fréquenter l’université (niveau d’études).
  • Nous nous sommes donné rendez-vous devant le collège (immeuble).

3.3.37 Groupements et entreprises

Dans un document de caractère juridique, il importe de reproduire exactement le nom officiel de l’entreprise ou du groupement, même si son libellé est contestable sur le plan linguistique : p. ex. la Société des Grands Travaux. Cela dit, il est conforme à la règle générale de mettre la majuscule au premier substantif ainsi qu’à l’adjectif et à l’article qui le précèdent, si ces éléments font partie du nom officiel :

  • l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences
  • l’Association des traducteurs et interprètes de l’Ontario
  • le Cercle des jeunes naturalistes
  • la Chambre de commerce de Montréal
  • la Chorale de l’Université d’Ottawa
  • la Corporation des enseignants du Québec
  • la Société d’études et de conférences
  • la Société générale de financement
  • Les Gens de l’air
  • Les Grands Ballets canadiens

On met par contre la minuscule au générique s’il précède seulement le nom propre d’une entreprise ou d’un groupement, sans faire partie de l’appellation :

  • les magasins Eaton
  • l’association Les Gens de l’air
  • la compagnie Les Grands Ballets canadiens
  • la chorale Les Chansonniers

Dans les comptes rendus, rapports et statuts de société, on met une majuscule aux mots assemblée, comité, conseil, bureauetc., seulement lorsque ces mots désignent nettement des subdivisions de l’organisme en question.

3.3.38 Distinctions civiles et militaires

Dans l’usage canadien, on met la majuscule au terme générique (ordre, médaille, etc.) et la minuscule au mot caractéristique des ordres et distinctions civils ou militaires, sauf, bien sûr, s’il s’agit d’un nom propre (Canada, Victoria, etc.) :

  • la Croix de Victoria
  • la Croix du service méritoire
  • l’Étoile du courage
  • la Médaille de la bravoure
  • l’Ordre du Canada
  • l’Ordre du mérite militaire

Cette démarche est l’inverse de l’usage européen, qui, lui, privilégie la majuscule au mot caractéristique et la minuscule au générique, lorsqu’il y en a un :

  • la croix de la Libération
  • la médaille de la Résistance
  • la Légion d’honneur

3.3.39 Prix, oscar

Par souci d’uniformité, il serait préférable de toujours mettre la minuscule au mot prix et au mot oscar lorsqu’ils désignent une récompense :

  • le premier grand prix de Rome
  • le prix Nobel de physique
  • le prix Paul-Émile-Borduas
  • le prix Femina
  • les prix Anik
  • l’oscar de la meilleure interprétation masculine

3.3.40 Devises

Lorsque la devise est formée de noms coordonnés ou juxtaposés, la majuscule se met à chacun de ces mots clés :

  • Dieu et mon Droit
  • Honneur et Patrie
  • Liberté, Égalité, Fraternité

Lorsque la devise est une phrase, complète ou elliptique, la majuscule se met au premier mot seulement :

  • Je me souviens
  • Toujours prêt
  • A mari usque ad mare

3.3.41 Titres d’écrits et autres

L’emploi de la majuscule dans les titres d’écrits est traditionnellement soumis à plusieurs règles, dont on regrette souvent l’arbitraire, la complexité et le manque d’uniformité. Il faut donc favoriser une simplification de cet usage.

On met la majuscule uniquement au premier mot du titre, quelle que soit la nature du mot et quel que soit le genre de document (roman, manuel, article, rapport, etc.), ainsi qu’aux noms propres contenus dans le titre. Cette recommandation s’applique aussi aux films, aux émissions de radio ou de télévision et aux documents électroniques :

  • À la recherche du temps perdu
  • Du sang, de la volupté et de la mort
  • Smilla ou l’amour de la neige
  • Mon oncle Benjamin
  • Une saison dans la vie d’Emmanuel
  • Six personnages en quête d’auteur
  • Belles infidèles
  • Les belles-sœurs
  • Le parfum
  • Le bon usage
  • Les fées ont soif
  • Le barbier de Séville
  • Le rouge et le noir
  • Le meunier, son fils et l’âne
  • Le grand Meaulnes
  • Les plus belles années de notre vie
  • Rapport de la Commission sur l’égalité en matière d’emploi
  • Cycle, migration et reproduction du saumon du Pacifique
  • Comment on élève un grand vin
  • Dictionnaire Hachette multimédia

Les noms d’accords et de traités suivent également la règle de la majuscule initiale (voir 5.2.2 Lois). D’autre part, sauf exception, l’article, le nom et l’adjectif antéposé qui composent les titres de journaux et de revues prennent tous la majuscule :

  • Le Devoir
  • La Presse
  • Le Monde
  • Le Nouvel Observateur
          mais
    L’actualité

Lorsque le titre d’un journal ou d’une revue est cité dans le cours d’une phrase, on peut considérer l’article défini initial comme appartenant à la phrase même. Cet article prend dans ce cas la minuscule :

  • Il a vu cette annonce dans le Monde (ou dans Le Monde).

L’article défini initial du titre anglais d’un journal ou d’une revue que l’on cite à l’intérieur d’une phrase se traduit, et appartient dès lors à la syntaxe de la phrase :

  • N’oublie pas d’acheter le Globe and Mail.
  • Elle était correspondante du Washington Post.
Remarques
  1. Si l’article défini initial du titre forme, avec la préposition qui précède, un article contracté, ou que la syntaxe de la phrase entraîne sa disparition, on met alors la majuscule au premier mot du titre ainsi abrégé :

    • Veuillez analyser ce passage du Côté de Guermantes.
    • Te rappelles-tu cette scène des Femmes savantes?
    • Venise fait songer aux Mille et une nuits.
    • Il venait aux réunions avec son Petit Robert.


    Il est préférable de ne pas faire la contraction lorsque le titre est formé de noms communs coordonnés par et ou par ou, ou lorsqu’il forme une phrase. On écrit :

    • la fin mouvementée de Le rouge et le noir
    • la morale de Le chat, la belette et le petit lapin
    • les personnages de Le deuil sied à Électre


  2. Le mot bible prend la majuscule lorsqu’il désigne l’Écriture sainte, et la minuscule dans les autres cas :

    • prêter serment sur la Bible
    • Cette revue est la bible des ingénieurs.


    De même, il faut mettre la majuscule aux noms des livres qui composent la Bible (noter que l’article ne fait pas partie de l’appellation) :

    • la Genèse
    • les Psaumes
    • le Cantique des cantiques
    • les Évangiles


    Ces noms, lorsqu’ils ne désignent pas les livres comme tels, prennent la minuscule :

    • Il y a cent cinquante psaumes.
    • C’était un ciel tourmenté, un ciel d’apocalypse.


  3. Les projets de loi, toujours désignés par un numéro, prennent la minuscule :

    • le projet de loi C-24

3.3.42 Titres d’œuvres d’art

Il est souhaitable de suivre, pour les titres d’œuvres d’art (tableaux, sculptures, opéras, symphonies, etc.), les mêmes règles que pour les titres d’écrits. Ainsi, pour uniformiser la présentation des titres, on peut mettre la majuscule uniquement au premier mot, quel qu’il soit :

  • Hercule et le lion de Némée (tableau de Rubens)
  • Hommage à Rosa Luxemburg (fresque de Riopelle)
  • Les botteleurs de foin (tableau de Millet)
  • Les bourgeois de Calais (groupe en bronze de Rodin)
  • La jeune fille et la mort (lied de Schubert)
  • La flûte enchantée (opéra de Mozart)

3.3.43 Places, jardins et parcs

On met la minuscule aux termes génériques qui entrent dans le nom des places, des jardins ou des parcs municipaux, lorsque ces termes sont accompagnés d’un adjectif, d’un nom propre ou d’un nom commun qui donne un caractère unique à l’entité. Ce nom ou cet adjectif prend la majuscule :

  • le carré Saint-Louis
  • la place Royale
  • les plaines d’Abraham
  • le parc Lafontaine
  • le bois de Boulogne
  • le jardin des Tuileries

Il y a lieu par contre de mettre la majuscule au générique et la minuscule au spécifique lorsque ce dernier signale l’appartenance à une catégorie :

  • le Jardin botanique
  • le Jardin zoologique

Enfin, il convient de mettre la majuscule au générique lorsqu’il est employé seul :

  • le Parc (Lafontaine, pour les résidants de l’Est de Montréal)
  • les Plaines (d’Abraham, pour les Québécois)

3.3.44 Établissements

Dans les textes juridiques, il est essentiel de reproduire exactement la raison sociale des établissements. Dans les textes non juridiques, mieux vaut adopter une présentation simple et uniforme. Comme les établissements sont des personnes morales, il y a lieu d’appliquer ici la même règle qu’aux maisons d’enseignement. On mettra donc la majuscule au générique qui commence la dénomination, de même qu’à l’adjectif qui le précède :

  • l’Auberge du rossignol
  • l’Auberge de l’aéroport (mais l’auberge de l’aéroport et celle de la gare)
  • la Banque de Montréal
  • la Bibliothèque nationale
  • la Bibliothèque municipale d’Ottawa (mais une bibliothèque municipale)
  • la Boutique du bricoleur
  • le Café anglais
  • le Grand Café des amis
  • le Cinéma Bellevue (mais les cinémas Bellevue et Paradis)
  • le Centre national des arts
  • le Centre hospitalier de Gatineau (mais le centre hospitalier de la région)
  • l’Hôpital Sainte-Justine
  • l’Hôpital général de Montréal
  • l’Hôtel Esmeralda
  • la Librairie Garneau
  • le Musée des beaux-arts de Montréal
  • le Musée canadien des civilisations
  • le Musée océanographique
  • le Restaurant du marché
  • le Restaurant de la bonne fourchette
  • le Grand Théâtre de Québec
  • le Théâtre Denise-Pelletier
  • le Théâtre national populaire

3.3.45 Bâtiments publics et monuments

Il convient de mettre la minuscule au terme générique qui désigne un bâtiment public, un édifice religieux ou un monument, et la majuscule au spécifique :

  • l’aéroport de Mirabel
  • le complexe Desjardins
  • l’édifice commémoratif de l’Ouest
  • l’édifice Jules-Léger
  • la mairie de Chicoutimi
  • l’hôtel de ville d’Ottawa
  • la tour Est
  • la cathédrale de Québec
  • l’abbaye d’Oka
  • la chapelle Sixtine
  • la mosquée de Cordoue
  • la statue de la Liberté
  • le monument aux Morts
  • le pont Jacques-Cartier
  • la porte Saint-Louis
  • le château Ramezay
  • la tour Eiffel
  • la tour de Londres
  • la tour de la Paix

À noter qu’on écrit hôtel de ville avec deux majuscules lorsqu’on veut parler non pas de l’édifice, mais des autorités municipales :

  • Il a eu maille à partir avec l’Hôtel de Ville.

Il convient par contre de mettre la majuscule au nom commun qui commence la désignation s’il n’est pas employé dans son sens véritable ou s’il est uni à son déterminant par un trait d’union :

  • l’Esplanade Laurier
  • les Terrasses de la Chaudière
  • le Forum de Montréal
  • la Sainte-Chapelle

On met enfin la majuscule au nom commun qui n’est pas suivi d’un déterminant s’il s’emploie fréquemment seul ou précédé d’un adjectif :

  • la Tour (la tour de Londres)
  • l’Oratoire (l’oratoire Saint-Joseph)
  • la Grande Galerie (du Louvre)

3.3.46 Enseignes

Les inscriptions qui figurent sur les enseignes sont des noms de fantaisie : il appartient donc au concepteur de décider de l’emploi des majuscules. Il est admissible, par exemple, de mettre la majuscule non seulement au mot initial, mais encore à tout mot auquel on souhaite donner de l’importance, sur le plan sémantique ou visuel. Cela exclut, en général, les articles et prépositions qui ne commencent pas le titre :

  • Au Lutin Qui Bouffe
  • Auberge du Bon Sourire
  • Restaurant des Pêcheurs d’Éperlans
  • Aux Élégants du Mail

La même règle s’applique aux noms que l’on donne en propre à une villa, à un chalet, à un pavillon, à un domaine, etc. :

  • la villa Belle Garde
  • le domaine Aux Quatre Vents

3.3.47 Marques de commerce

On met normalement la majuscule aux noms de marques désignant des produits :

  • La Boréale est une bière québécoise.
  • Il avait une Camaro.

Ces mots prennent cependant la minuscule s’ils se sont incorporés à la langue au point de devenir de véritables noms communs :

  • un dictaphone
  • une aspirine
  • des jeeps

Ils retrouvent toutefois leur valeur de noms propres lorsqu’ils sont précédés d’un nom d’espèce :

  • un diesel
  • un moteur Diesel
  • un frigidaire
  • un réfrigérateur Frigidaire

3.3.48 Créations de luxe

Dans le cas de marques déposées, il faut reproduire exactement la graphie officielle. Celle-ci comporte normalement une majuscule au mot initial ainsi qu’aux substantifs et adjectifs importants :

  • Un flacon d’Inoubliable Nuit, et tout est oublié.

3.3.49 Véhicules

Il convient de laisser la minuscule aux modèles de fabrication désignés par leur profil, leur puissance ou une caractéristique d’ordre mécanique :

  • un coupé
  • un quinze-tonnes
  • des tractions avant

On signale cependant par la majuscule les noms attribués en propre à des véhicules, de même que les noms de marque et les noms de type ou de série. La majuscule se met aux substantifs et aux adjectifs importants ainsi qu’à l’article initial, s’il fait indiscutablement partie de l’appellation :

  • le Marie-Hélène
  • L’Infatigable
  • le Pierre-Radisson
  • la fusée Ariane
  • la navette Challenger
  • une [bicyclette] CCM
  • un [camion] Chevrolet
  • une [voiture] Honda Accord
  • un [sous-marin] Polaris
  • un [chasseur] Mirage