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6.12 La barre oblique

La barre oblique est aussi appelée barre transversale, barre de fraction, ou simplement oblique.

6.12.1 Équivalent de par ou à

Dans les unités de mesure, la barre oblique est l’équivalent des prépositions par ou à  :

  • m/s = mètre par seconde
  • km/h = kilomètre à l’heure

Selon une norme de l’AFNOR, qui remonte à 1951, l’oblique ne doit être employée qu’avec les symboles des unités de mesure. Il serait fautif d’écrire :

  • Il roule à la vitesse de 200 kilomètres/heure.

Il faudrait plutôt écrire par exemple :

  • Il roule à la vitesse de 200 kilomètres à l’heure.
         ou
    Il roule à la vitesse de 200 km/h.

Cette règle n’a cependant pas dans la réalité un caractère absolu. De nombreux ouvrages contiennent des exemples d’unités de mesure, écrites au long, qui sont employées avec l’oblique plutôt qu’avec les prépositions par ou à .

6.12.2 Dans les fractions

L’oblique est le symbole de la division dans les fractions :

  • 3/4 de gramme
  • 8/1000 de seconde

Il faut s’abstenir de faire suivre la fraction d’un e en exposant :

  • 8/1000e de seconde

Bien que cette graphie se rencontre parfois, elle est condamnable en raison de sa redondance (voir aussi 2.3.2 Fractions ordinaires).

6.12.3 Dans les abréviations

L’oblique fait partie de certaines abréviations consacrées :

  • s/o = sans objet
  • N/Réf. = notre référence
  • c/c = compte courant

6.12.4 Pagination

Dans la correspondance, on utilise souvent la barre oblique, concurremment ou non avec les points de suspension, pour indiquer que la lettre se poursuit (voir aussi 6.7.5 Pagination) :

  • /2 ou …/2

Dans des contextes variés, notamment dans les télécopies, on peut utiliser l’oblique pour séparer les numéros de page du nombre total de pages que contient le document. Ainsi, une page portant la mention

  • 5/10

serait la cinquième d’un texte qui en comporterait dix.

6.12.5 Pour indiquer un choix

Dans la langue générale, on recourt souvent à l’oblique pour indiquer que l’on a le choix entre deux possibilités. Dans la phrase suivante, l’oblique montre qu’il existe deux constructions possibles :

  • La date où/à laquelle nous avons rendez-vous avec le directeur.

L’oblique sert également à opposer deux notions ou à séparer divers aspects d’une même réalité :

  • Entrée/sortie
  • Ouvert/fermé

En linguistique, l’oblique s’emploie aussi pour rapprocher ou opposer des mots :

  • Il semble toujours fortuit qu’il existe des paires de mots comme lampe/rampe, ou poisson/poison, se prêtant à la comparaison (Grand Larousse de la langue française).
  • Même si l’opposition « hang/étendre » est à la rigueur discutable […] (J. Darbelnet).

6.12.6 Comme mot de liaison

Comme l’oblique peut remplacer des prépositions ou des conjonctions, elle sert fréquemment à former des expressions elliptiques. Dans l’exemple suivant, l’oblique équivaut à la préposition entre :

  • Voilà pour la différence artisan/bourgeois (E. Le Roy Ladurie).

Il faut toutefois se garder d’abuser de ce procédé, car les expressions ainsi créées peuvent être difficiles à lire à haute voix. Elles peuvent aussi être difficiles à comprendre et prêter à confusion.

6.12.7 En concurrence avec le trait d’union

L’oblique remplace à tort le trait d’union dans des expressions comme :

  • le dialogue Nord-Sud
  • la guerre Inde-Pakistan
  • l’accord Canada-Norvège
  • les relations employeur-employé

Dans la réalité, ces expressions sont presque toutes exclusivement écrites avec un trait d’union.

6.12.8 Et/ou

L’expression et/ou, qui est un calque de l’anglais and/or, est passée dans la langue malgré les protestations des grammairiens, et il serait vain de vouloir la proscrire. Elle signifie qu’il y a possibilité d’addition ou de choix. Ainsi, la phrase :

  • Pour combler le déficit, les gestionnaires réduiront leur personnel et/ou leurs dépenses.

signifie que les gestionnaires réduiront à la fois leur personnel et leurs dépenses, ou qu’ils réduiront l’un ou l’autre de ces deux éléments. Bien que l’expression soit jugée commode par certains, il faut éviter d’en abuser, car le texte peut rapidement devenir lourd et difficile à lire.

À noter par ailleurs qu’il vaut mieux employer le tour et/ou tel quel — l’expression étant de toute façon maintenant admise — que de recourir à un calque déguisé comme et (ou).

6.12.9 Citation de vers

La barre oblique sert à séparer des vers qu’on cite sans les détacher du texte :

  • Notre Père qui êtes aux cieux / Restez-y / Et nous nous resterons sur la terre / Qui est quelquefois si jolie (J. Prévert).

À noter que dans ce cas la barre oblique est précédée et suivie d’une espace.