Travaux publics et Services gouvernementaux Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

Liens institutionnels

 
Recherche

7 Les guillemets et les citations

Les guillemets servent à isoler des mots ou des phrases. Ils s’apparentent à l’italique, avec lequel ils entrent d’ailleurs en concurrence pour un bon nombre de fonctions, comme lorsqu’il faut reproduire des titres d’ouvrages ou faire ressortir des mots qu’on emploie dans un sens spécial.

Leur fonction la plus importante, toutefois, est d’encadrer les citations; c’est leur rôle traditionnel. Citer consiste à reproduire mot à mot un texte tel qu’il a été écrit ou des paroles telles qu’elles ont été prononcées. En employant les guillemets, l’auteur garantit que les mots encadrés sont la copie fidèle de l’original, qu’il en a respecté à la lettre la syntaxe et la ponctuation, qu’il n’a modifié ni l’orthographe ni l’ordre des mots.

À ce rôle traditionnel des guillemets se sont ajoutés d’autres emplois. Les guillemets continuent de l’emporter de loin sur l’italique pour ce qui est des citations proprement dites, mais dans les autres cas l’usage tend souvent à donner la préférence à l’italique.

7.1 Types de guillemets

Quelle que soit la langue des mots que l’on encadre de guillemets, on emploie en français les guillemets français. Ils consistent en doubles chevrons, dont la première paire s’appelle le « guillemet ouvrant », et la seconde le « guillemet fermant ».

Les guillemets anglais (“ ”), les doubles apostrophes (") et les simples apostrophes (‘ ’) ne sont utilisés en général que pour les citations à l’intérieur de citations ou pour guillemeter des mots qui apparaissent à l’intérieur de passages qui sont déjà entre guillemets :

  • « Une porphoryne est une molécule assez élastique, explique l’un des chercheurs. Elle possède quatre “pattes” sur lesquelles elle a tendance à “marcher” lorsqu’on la pousse. »

Des auteurs et des éditeurs confient parfois des fonctions différentes aux guillemets français et aux guillemets anglais à l’intérieur d’un même texte. Par exemple, ils réservent les guillemets français pour les citations proprement dites, et utilisent les guillemets anglais pour les mots employés dans un sens spécial.

7.2 Les citations

7.2.1 Guillemets ou italique?

Les guillemets sont le procédé le plus répandu dans l’usage pour les citations. La raison en est sans doute qu’un texte encadré de guillemets se lit plus facilement qu’un texte en italique. Il faut dire aussi que l’emploi de l’italique complique la tâche de présenter clairement les citations doubles ou les citations étrangères. Certains préfèrent néanmoins l’italique (voir 5.3.1 Citations). L’important est d’annoncer les citations clairement et d’être uniforme tout au long du texte :

  • J’ai dit quelque part que j’étais de tous les partis par leur côté généreux et que je n’étais d’aucun par leur côté mauvais (V. Hugo).
  • L’affirmation rien de ce qui est humain ne m’est étranger, Térence la fit sienne deux siècles avant notre ère.
  • Le ministre des Finances a déclaré que le Canada traverse une période extrêmement difficile.
  • Le style, disait Buffon, n’est que l’ordre et le mouvement que l’on met dans ses pensées (Y. le Hir).

7.2.2 Fragment de phrase

Lorsqu’on veut citer quelques mots, un fragment de phrase ou une phrase incomplète, on encadre de guillemets tous les mots qui font vraiment partie de la citation, et seulement ces mots. La ponctuation de la phrase principale reste à l’extérieur des guillemets :

  • Ils ont dit que le projet était « intéressant », sans préciser davantage.
  • Le client leur a demandé de réparer les dégâts « au plus tard à la fin du mois », sinon il réclamerait des dommages-intérêts.
  • Dans la préface, l’auteur évoque « la complexité des problèmes notionnels que pose le langage du droit au Canada ».
  • Son intervention était parsemée de « quand? », de « pourquoi? » et de « comment? ».

On garde aussi à l’extérieur des guillemets l’article, l’adjectif possessif, l’adjectif démonstratif, la préposition ou la conjonction dont on se sert pour introduire les mots cités :

  • Le premier ministre a reconnu que le gouvernement était responsable de l’« erreur ».
  • Quant à son « grand projet », il n’en parle plus.
  • D’après ce guide, il est nécessaire de « s’exercer au moins trois fois par semaine ».
  • Si nous en croyons cette théorie, la conscience n’est qu’« un moment très fugitif ».

Ordinairement, on ne met pas les deux points quand on cite quelques mots. Mais si on le fait, la ponctuation finale se place à l’extérieur des guillemets :

  • La bonne façon d’écrire l’appellation est : « baie James ».

7.2.3 Phrase complète

À l’aide des guillemets, on peut citer une phrase complète de quatre manières :

a) En la séparant des autres phrases

C’est la façon la plus simple de citer une phrase. On place un guillemet ouvrant au début et un guillemet fermant à la fin, après le signe de ponctuation final :

  • « Les affaires sont les affaires. »
  • « Sans l’illusion où irions-nous? »
  • « Les peuples ne veulent pas que les dieux reviennent parce qu’ils en ont peur! »
  • « Le pays le plus développé industriellement ne fait que montrer à ceux qui le suivent sur l’échelle internationale l’image de leur propre avenir. » Cette phrase de Karl Marx explique la fascination qu’exerce l’économie américaine (Encyclopædia Universalis).

b) En l’incorporant à une phrase

Si la citation est coulée dans une phrase du texte, le premier mot s’écrit en général avec une minuscule, sauf s’il commence la phrase principale. La citation perd son point final :

  • « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir » est une assertion qui se vérifie encore parfois.
  • Comme l’écrivait Voltaire, « le pays où le commerce est le plus libre sera toujours le plus riche et le plus florissant ».
  • Que pensez-vous de l’affirmation selon laquelle « les jeunes sont des acheteurs critiques et exigeants »?

Si la citation elle-même se termine par un point d’exclamation, un point d’interrogation ou des points de suspension, elle conserve ces signes. Mais la phrase principale garde quand même sa ponctuation finale :

  • Il clôture la séance en posant la question « serez-vous prêts? ».
  • A-t-il vraiment posé la question « serez-vous prêts? »?

Fréquemment, une citation coulée dans une phrase commence par un fragment de phrase, puis se prolonge par une ou plusieurs phrases complètes. Le signe de ponctuation final de la dernière phrase appartient à la citation :

  • L’auteur ajoute que, dans notre métier, « il faut douter. C’est le début de la sagesse. »
Remarque

On peut annoncer la citation par une conjonction. En principe, la conjonction interdit l’emploi des guillemets, car elle transforme la citation en discours indirect, c’est-à-dire que le rédacteur rapporte les propos en substance plutôt que mot à mot. Il est cependant permis d’utiliser les guillemets si les mots guillemetés reproduisent l’original textuellement. La conjonction n’est jamais suivie des deux points :

  • Voltaire disait que « le pays où le commerce est le plus libre sera toujours le plus riche et le plus florissant ».
  • Vous avez demandé si « le projet sera lancé avant la fin de l’année ».

Si l’on apporte le moindre changement à l’original, il faut renoncer aux guillemets. C’est le cas même lorsqu’on change simplement le temps du verbe pour respecter la concordance des temps :

  • Le ministre des Finances a déclaré que « le Canada traverse une période extrêmement difficile ».
  • Le ministre des Finances a déclaré que le Canada traversait une période extrêmement difficile.
  • Le ministre des Finances a déclaré que le pays traversait une période difficile.

c) En l’introduisant par les deux points

Une citation complète qui est introduite par les deux points commence toujours par une majuscule. Si elle est au milieu de la phrase, elle perd son point final. Si elle est à la fin de la phrase, son point final éclipse celui de la phrase principale :

  • Il a lancé : « Ce n’est que partie remise », puis il a quitté la tribune.
  • Un éminent spécialiste a déclaré : « La catastrophe aurait pu être très facilement évitée. »
  • Plutôt que de dire : « Cette terre nous appartient », les Inuits diront : « Nous appartenons à cette terre. »

Mais, où qu’elle soit dans la phrase, la citation conserve toujours son point d’exclamation, son point d’interrogation ou ses points de suspension :

  • Il a crié : « Au secours! » avant de fermer la porte.
  • Malgré Élizabeth qui interrompait d’une voix placide : « Laisse-le, Gérard, il est grotesque… », Gérard se fâcha (J. Cocteau).

Si elle est en fin de phrase, le signe de ponctuation éclipse le point final de la phrase principale :

  • Dans un sondage, on a demandé aux gens : « Croyez-vous que la catastrophe aurait pu être évitée? »
  • Elle a seulement prononcé les mots : « C’est moi qui… »

Si c’est la phrase principale qui se termine par un point d’exclamation, un point d’interrogation ou des points de suspension, la citation perd son point final :

  • C’est vous qui avez dit : « Deux patrons font chavirer la barque »!
  • Trouveriez-vous décent qu’une femme vous dise : « Oui, mon frère et mon mari sont revenus saufs de la guerre; en revanche, j’y ai perdu mes deux fils »? (A. Gide.)

Il arrive que la phrase principale et la citation introduite par les deux points se terminent toutes deux par un point d’exclamation ou par un point d’interrogation. L’usage veut que l’on ne garde alors que l’un des deux signes, contrairement au cas des citations incorporées à la phrase [voir 7.2.3b) Phrase complète]. C’est en général la ponctuation de la citation qui l’emporte :

  • Quel culot d’avoir crié : « Silence! »
  • Pourquoi a-t-on demandé aux gens : « Croyez-vous que la catastrophe aurait pu être évitée? »

De même, il arrive que le point d’exclamation et le point d’interrogation se retrouvent en concurrence à la fin d’une phrase. Beaucoup jugent peu esthétique la présence des deux signes de part et d’autre du guillemet fermant (bien qu’on l’admette lorsque la citation est complètement incorporée à la phrase sans les deux points) :

  • Qui a crié : « Au feu! »?

Aussi est-il préférable que le rédacteur choisisse entre les deux signes celui qui lui paraît le plus important. Assez souvent la ponctuation de la citation prévaut sur celle de la phrase principale :

  • Qui a crié : « Au feu! »
  • Ne m’arrivait-il pas, dans mes discours mondains, de m’écrier avec conviction : « La propriété, messieurs, c’est le meurtre! » (A. Camus.)
  • Arrêtez de toujours demander : « Pourquoi? »
  • Mais pourquoi avez-vous crié : « Au secours »?

Pour des raisons de logique, quelques auteurs proposent de toujours conserver les deux signes. On peut aussi reformuler la phrase.

Remarque

Des citations courtes, d’une ou deux lignes, mais qu’on juge important de détacher du texte, peuvent être mises en retrait, avec ou sans italique. C’est ce que l’on fait systématiquement dans certains travaux linguistiques pour les exemples :

  • De façon voisine, la devise exprimera une aspiration à valeur permanente :

Tous pour un, un pour tous.

Mais, comme nous l’avons vu, l’absence de verbe n’est pas le critérium de cette construction nominale (M. Cressot).

d) En l’interrompant par une incise

Une quatrième façon de citer une phrase complète consiste à glisser une courte incise entre deux virgules au milieu de la citation. Les guillemets encadrent la citation entière :

  • « Le Canada, a déclaré le ministre des Finances, traverse une période extrêmement difficile. »
  • « Le pays où le commerce est le plus libre, écrit Voltaire, sera toujours le plus riche et le plus florissant. »
  • « Combien de temps avons-nous, ont-ils demandé, pour réaliser le projet? »

Quand l’incise est longue, il est plus prudent de guillemeter séparément les deux parties de la citation :

  • « Le pays où le commerce est le plus libre », écrivait Voltaire dans une lettre à Roubaud datée du 1er juillet 1769, « sera toujours le plus riche et le plus florissant. »
  • « Rien ne sert de courir », lui dit-il tout à coup le plus sérieusement du monde, « il faut partir à point. »

Si on repousse l’incise à la fin, la citation perd son point final :

  • « Ce n’est que partie remise », a-t-il déclaré.
  • « On est entouré de mystères. Il suffit d’ouvrir les yeux, de regarder », constate Paul Auster.

Elle conserverait en revanche ses points de suspension, son point d’interrogation ou son point d’exclamation :

  • « Viens t’en… », lui répétait-il.
  • « Pourquoi ce refus? », demanda-t-il.
  • « Malédiction! Oh, malédiction! », dit mon père, et il cracha par terre (Marie-Claire Blais).
Remarque

Il faut noter que, dans ce dernier cas, un assez grand nombre d’auteurs suppriment la virgule après le guillemet fermant :

  • « Pourquoi ce refus? » demanda-t-il.
  • « Bonjour à tous! » dit-il.

Ils considèrent que la succession des trois signes (point d’exclamation ou d’interrogation, guillemet fermant, virgule) crée une surcharge typographique. C’est un argument valable, mais il faut reconnaître que la syntaxe rend souvent inévitable la même succession de signes :

  • Plus tard, il trouvera ridicules les orphéons braillant « Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine! », alors que précisément les Allemands les ont déjà (M. Yourcenar).

7.2.4 Citation longue

Certains considèrent qu’une citation est longue si elle dépasse trois lignes, d’autres si elle dépasse cinq lignes, d’autres encore si elle dépasse huit lignes… C’est une question de jugement. On doit tenir compte de divers facteurs, comme le nombre de citations dans le texte ou la présentation générale de la page.

Le rédacteur est libre de présenter les citations longues de la même manière que les citations courtes dans son texte : il peut choisir simplement l’un des procédés employés pour citer des phrases complètes (voir 7.2.3 Phrase complète). Dans l’usage, toutefois, les citations longues sont en général introduites par les deux points suivis d’un retour à la ligne. La citation forme un paragraphe autonome, qui peut être encadré de guillemets, composé en italique, imprimé en petits caractères ou mis en retrait.

a) Guillemets

C’est la méthode la plus simple. On place un guillemet ouvrant au début du paragraphe et un guillemet fermant à la fin :

  • Dans Les caractères, La Bruyère s’est souvent ingénié à renouveler de vieilles vérités :

    « Entre toutes les différentes expressions qui peuvent rendre une seule de nos pensées, il n’y en a qu’une qui soit la bonne. On ne la rencontre pas toujours en parlant ou en écrivant : il est vrai néanmoins qu’elle existe, que tout ce qui ne l’est point est faible, et ne satisfait point un homme d’esprit qui veut se faire entendre. »

    Les trouvailles d’expression sont nombreuses dans ses maximes, même lorsqu’il reste abstrait.

b) Italique

L’emploi des guillemets n’est pas obligatoire. On peut mettre la citation en italique :

  • Dans Les caractères, La Bruyère s’est souvent ingénié à renouveler de vieilles vérités :

    Entre toutes les différentes expressions qui peuvent rendre une seule de nos pensées, il n’y en a qu’une qui soit la bonne. On ne la rencontre pas toujours en parlant ou en écrivant…

    Les trouvailles d’expression sont nombreuses dans ses maximes, même lorsqu’il reste abstrait.

Bon nombre d’auteurs utilisent à la fois les guillemets et l’italique. C’est un procédé assez répandu, et qui n’est pas absolument condamnable, mais qu’on peut considérer comme redondant :

  • Dans Les caractères, La Bruyère s’est souvent ingénié à renouveler de vieilles vérités :

    « Entre toutes les différentes expressions qui peuvent rendre une seule de nos pensées, il n’y en a qu’une qui soit la bonne. On ne la rencontre pas toujours en parlant ou en écrivant… »

    Les trouvailles d’expression sont nombreuses dans ses maximes, même lorsqu’il reste abstrait.

c) Petits caractères

Une façon élégante de procéder consiste à composer les citations longues dans un caractère plus petit :

  • Dans Les caractères, La Bruyère s’est souvent ingénié à renouveler de vieilles vérités :

    Entre toutes les différentes expressions qui peuvent rendre une seule de nos pensées, il n’y en a qu’une qui soit la bonne. On ne la rencontre pas toujours en parlant ou en écrivant…

    Les trouvailles d’expression sont nombreuses dans ses maximes, même lorsqu’il reste abstrait.

d) Retrait

Un quatrième procédé, simple et clair, consiste à mettre tout le texte de la citation en retrait :

  • Dans Les caractères, La Bruyère s’est souvent ingénié à renouveler de vieilles vérités :

Entre toutes les différentes expressions qui peuvent rendre une seule de nos pensées, il n’y en a qu’une qui soit la bonne. On ne la rencontre pas toujours en parlant ou en écrivant…

Les trouvailles d’expression sont nombreuses dans ses maximes, même lorsqu’il reste abstrait.

Dans l’usage, le retrait se combine souvent avec l’emploi de l’italique ou d’un caractère plus petit. Par exemple :

  • Dans Les caractères, La Bruyère s’est souvent ingénié à renouveler de vieilles vérités :

Entre toutes les différentes expressions qui peuvent rendre une seule de nos pensées, il n’y en a qu’une qui soit la bonne. On ne la rencontre pas toujours en parlant ou en écrivant…

Les trouvailles d’expression sont nombreuses dans ses maximes, même lorsqu’il reste abstrait.

L’emploi combiné des guillemets et du retrait est rare, mais il se rencontre :

  • Si on ajoute Louisbourg à sa célèbre phrase, plus d’erreur d’interprétation possible ni sur le sens ni sur les mots :

« Vous savez que ces deux nations sont en guerre pour Louisbourg, ces quelques arpents de neige vers le Canada. »

Il ne s’agit toutefois pas de la seule équivoque voltairienne qu’on continue de galvauder… (Victor-Lévy Beaulieu.)

Remarque

Les citations mises en retrait se composent généralement à simple interligne, quel que soit l’interligne du texte principal.

7.2.5 Série de paragraphes

Quand une citation s’étend sur une série de paragraphes, elle est généralement introduite par les deux points, suivis ou non d’un retour à la ligne selon la longueur du premier paragraphe. L’usage le plus courant consiste à placer au début de chaque paragraphe un guillemet ouvrant, qui rappelle que la citation se poursuit. On ne met un guillemet fermant qu’à la fin du dernier paragraphe :

  • Voici comment le ministre a fondé ses pronostics : « Il y a trois raisons qui expliquent les résultats plus favorables que nous obtiendrons.

    « La première est la vigueur de la croissance économique en cours, qui compensera l’effet de la hausse des taux d’intérêt.

    « La deuxième est que, lorsque les taux d’intérêt ont commencé à monter, nous avons réagi en fermant la porte à toute nouvelle initiative de dépense.

    « Finalement, la troisième raison est que nous avions adopté des hypothèses économiques prudentes. »

    Le ministre a ensuite parlé des moyens à prendre pour réduire le déficit.

Selon une tradition rivale, chaque paragraphe, à partir du deuxième, devrait commencer par un guillemet fermant plutôt que par un guillemet ouvrant; mais beaucoup considèrent cette deuxième façon de procéder comme puriste et désuète :

  • Voici comment le ministre a fondé ses pronostics : « Il y a trois raisons qui expliquent les résultats plus favorables que nous obtiendrons.

    » La première est la vigueur de la croissance économique en cours, qui compensera l’effet de la hausse des taux d’intérêt.

    […]

    » Finalement, la troisième raison est que nous avions adopté des hypothèses économiques prudentes. »

    Le ministre a ensuite parlé des moyens à prendre pour réduire le déficit.
Remarque

Certains s’affranchissent des deux traditions. Au lieu de placer un guillemet au début de chaque paragraphe, ils adoptent simplement l’un des procédés employés pour les citations longues : un guillemet ouvrant au début de la citation et un guillemet fermant à la fin, italique, petits caractères ou mise en retrait (voir 7.2.4 Citation longue). Les petits caractères ou le retrait supposent évidemment que le premier paragraphe est précédé d’un retour à la ligne. Exemple avec italique :

  • Voici comment le ministre a fondé ses pronostics : Il y a trois raisons qui expliquent les résultats plus favorables que nous obtiendrons.

    La première est la vigueur de la croissance économique en cours, qui compensera l’effet de la hausse des taux d’intérêt.

    []

    Finalement, la troisième raison est que nous avions adopté des hypothèses économiques prudentes.

    Le ministre a ensuite parlé des moyens à prendre pour réduire le déficit.

Quel que soit le procédé adopté, il faut l’appliquer uniformément à l’intérieur d’un même texte.

7.2.6 Citation double

Il arrive qu’une citation (la citation principale) en contienne une autre (la citation interne). Il est important dans ce cas que l’on puisse bien distinguer les deux citations ainsi emboîtées.

Le cas de la citation principale est toujours réglé automatiquement, car elle doit, bien sûr, être présentée de la même manière que toutes les autres citations dans le texte. La seule décision à prendre concerne la façon de signaler la citation interne. Ce choix se fait en fonction du procédé employé pour la citation principale.

a) La citation principale est entre guillemets

Si la citation principale est encadrée de guillemets français (« »), la meilleure façon d’indiquer la citation interne est de l’encadrer de guillemets anglais (“ ”) :

  • Jacques Godbout dépeint le climat politique qui régnait dans les années quarante : « Dans le village de Lanoraie, où nous passions les vacances d’été, un curé affublé d’une perruque carrée, le teint blême, terminait ses sermons par la célèbre formule : “L’enfer est rouge, le ciel est bleu.” Nous étions, enfants libéraux, condamnés à l’enfer. »
  • Je vous cite, pour mémoire, le procès-verbal de la dernière réunion : « L’Assemblée juge nécessaire de proposer la modification suivante à l’article 8 du règlement : “Le conseil se compose au maximum de neuf membres.” »

Si l’on ne dispose pas de guillemets anglais, on peut toujours employer les doubles apostrophes (").

Une autre façon de procéder consiste à recourir à l’italique pour la citation interne. Mais il doit être très clair dans l’esprit du lecteur que les mots en italique sont une citation, et non simplement des mots mis en relief par le rédacteur lui-même (voir 5.3.7 Mise en relief) :

  • André Maurois cherche à cerner la notion de travail : « Qu’est-ce au juste que travailler? Ouvrons Littré  : travailler : se donner de la peine pour exécuter un ouvrage. La définition ne nous semble pas excellente. Pourquoi se donner de la peine? Ne peut-on travailler dans la joie? »

Quand on juge que la citation interne est longue, on peut simplement la mettre en retrait, avec ou sans italique :

  • L’historien Guy Frégault rappelle comment fut décidée la déportation des Acadiens : « Belcher a résumé les principes de la politique anglaise en Acadie. C’est le 28 juillet 1755. Le même jour, le conseil de la Nouvelle-Écosse prend sa décision; ou plutôt, car son rôle est modeste, il se contente de déclarer :

Comme il avait été décidé antécédemment d’expulser les habitants français de la province s’ils refusaient de prêter le serment, il n’y avait plus par conséquent qu’à prendre les mesures nécessaires pour opérer leur expulsion et à décider à quels endroits les expulser.

Lawrence et les conseillers, avec qui siègent les amiraux Boscawen et Mostyn, recommandent “à l’unanimité” de “disperser” les Acadiens dans les colonies américaines. » Frégault montre que la déportation, loin d’être un brusque accès de violence, a été une politique réfléchie qui s’est poursuivie pendant huit ans.

Remarque

On traite ainsi non seulement les citations proprement dites, mais tous les cas où les guillemets remplissent une fonction quelconque à l’intérieur d’une citation, comme lorsqu’ils isolent un mot se désignant lui-même :

  • « L’expression “sécurité d’emploi” est en voie de devenir un archaïsme », a dit la conférencière.
  • « L’expression sécurité d’emploi est en voie de devenir un archaïsme », a dit la conférencière.

b) La citation principale est en italique

Si la citation principale est en italique, on peut signaler la citation interne à l’aide des guillemets, sans quitter l’italique :

  • Je vous cite, pour mémoire, le procès-verbal de la dernière réunion : L’Assemblée juge nécessaire de proposer la modification suivante à l’article 8 du règlement : « Le conseil se compose au maximum de neuf membres. »

Un bon nombre d’auteurs préfèrent revenir au caractère ordinaire pour la citation interne, mais le résultat n’est pas toujours heureux :

  • Je vous cite, pour mémoire, le procès-verbal de la dernière réunion : L’Assemblée juge nécessaire de proposer la modification suivante à l’article 8 du règlement : Le conseil se compose au maximum de neuf membres.

Quand la citation interne est longue, on peut la mettre en retrait, en revenant au caractère ordinaire :

  • L’historien Guy Frégault rappelle comment fut décidée la déportation des Acadiens : Belcher a résumé les principes de la politique anglaise en Acadie. C’est le 28 juillet 1755. Le même jour, le conseil de la Nouvelle-Écosse prend sa décision […] :

Comme il avait été décidé antécédemment d’expulser les habitants français de la province s’ils refusaient de prêter le serment…

Lawrence et les conseillers, avec qui siègent les amiraux Boscawen et Mostyn, recommandent « à l’unanimité » de « disperser » les Acadiens dans les colonies américaines. Frégault montre que la déportation…

c) La citation principale est en petits caractères

Une citation double se retrouvera en petits caractères si elle est longue et que l’on a mis en petits caractères toutes les citations longues dans le texte [voir 7.2.4c) Citation longue]. Dans ce cas, la façon la plus simple de signaler une citation interne est de l’encadrer de guillemets  :

  • L’historien Guy Frégault rappelle comment fut décidée la déportation des Acadiens :

    Belcher a résumé les principes de la politique anglaise en Acadie. C’est le 28 juillet 1755. Le même jour, le conseil de la Nouvelle-Écosse prend sa décision […] : « Comme il avait été décidé antécédemment d’expulser les habitants français de la province s’ils refusaient de prêter le serment… » Lawrence et les conseillers, avec qui siègent les amiraux Boscawen et Mostyn, recommandent « à l’unanimité » de « disperser » les Acadiens dans les colonies américaines.

    Frégault montre que la déportation...

Si on souhaite détacher la citation interne elle-même, on la met en retrait :

  • L’historien Guy Frégault rappelle comment fut décidée la déportation des Acadiens :

    Belcher a résumé les principes de la politique anglaise en Acadie. C’est le 28 juillet 1755. Le même jour, le conseil de la Nouvelle-Écosse prend sa décision [...] :

Comme il avait été décidé antécédemment d’expulser les habitants français de la province s’ils refusaient de prêter le serment...

Lawrence et les conseillers, avec qui siègent les amiraux Boscawen et Mostyn, recommandent « à l’unanimité » de « disperser » les Acadiens dans les colonies américaines.

Frégault montre que la déportation...

d) La citation principale est en retrait

Si une citation double est en retrait, la meilleure façon d’indiquer la citation interne est d’employer les guillemets :

  • L’historien Guy Frégault rappelle comment fut décidée la déportation des Acadiens :

Belcher a résumé les principes de la politique anglaise en Acadie. C’est le 28 juillet 1755. Le même jour, le conseil de la Nouvelle- Écosse prend sa décision [...] : « Comme il avait été décidé antécédemment d’expulser les habitants français de la province s’ils refusaient de prêter le serment... » Lawrence et les conseillers, avec qui siègent les amiraux Boscawen et Mostyn, recommandent « à l’unanimité » de « disperser » les Acadiens dans les colonies américaines.

Frégault montre que la déportation…

On peut préférer l’italique aux guillemets pour la citation interne. Et, pour faire ressortir celle-ci, on peut en outre la mettre en retrait par rapport à la citation principale :

  • L’historien Guy Frégault rappelle comment fut décidée la déportation des Acadiens :

Belcher a résumé les principes de la politique anglaise en Acadie. C’est le 28 juillet 1755. Le même jour, le conseil de la Nouvelle-Écosse prend sa décision […] :

Comme il avait été décidé antécédemment d’expulser les habitants français de la province s’ils refusaient de prêter le serment…

Lawrence et les conseillers, avec qui siègent les amiraux Boscawen et Mostyn, recommandent à l’unanimité de disperser les Acadiens dans les colonies américaines.

Frégault montre que la déportation…

Remarque

Quand une citation interne contient elle-même une troisième citation, une façon caractéristique de procéder consiste à recourir aux trois types de guillemets (voir 7.1 Types de guillemets). On peut aussi employer l’italique :

  • « L’employé a déclaré : “J’étais présent au moment de l’incident, et le surveillant m’a ordonné de ‘téléphoner immédiatement pour demander de l’aide’. J’ai composé le numéro d’urgence, j’ai laissé sonner vingt coups et on n’a jamais répondu.” Il nie toute responsabilité. »
         ou
    « L’employé a déclaré : “J’étais présent au moment de l’incident, et le surveillant m’a ordonné de téléphoner immédiatement pour demander de l’aide. J’ai composé le numéro d’urgence, j’ai laissé sonner vingt coups et on n’a jamais répondu.” Il nie toute responsabilité. »

Il est facile de concevoir de nombreuses combinaisons pour les citations triples. On part du procédé utilisé pour les citations doubles. Si on emploie les guillemets, on commence toujours par les guillemets français. Voici d’autres séquences possibles :

  • italique/guillemets français/guillemets anglais
  • petits caractères/guillemets français/guillemets anglais
  • mise en retrait/guillemets français/guillemets anglais, etc.

7.2.7 Omissions et ajouts dans les citations

Le rédacteur peut intervenir à l’intérieur même d’un texte qu’il cite : il peut y supprimer des mots, y ajouter des éléments ou mettre en relief un passage. L’outil par excellence pour la plupart de ces interventions sont les crochets.

a) Omissions

Il est parfois utile de supprimer des passages qui ne sont pas essentiels dans un texte qu’on cite. La règle est de remplacer le passage supprimé par trois points de suspension insérés entre crochets : […]. De cette manière, le lecteur sait qu’on a opéré une coupure et l’original n’est pas dénaturé. Il va de soi que le sens, la syntaxe et la ponctuation de l’original doivent être scrupuleusement respectés :

  • « L’économie de la ville verte sera fondée sur une nouvelle base dont les effets environnementaux […] seront essentiellement dus au trafic lourd. »
         (Original)
    L’économie de la ville verte sera fondée sur une nouvelle base dont les effets environnementaux, comparativement mineurs, seront essentiellement dus au trafic lourd.
  • Le requérant a cité ce passage de la décision du juge : « Le prestataire comprend difficilement […] le principe qui veut que la personne qui consacre peu de temps à un travail immobilier […] ne peut bénéficier de prestations puisqu’elle ne remplit pas la condition première d’admissibilité, soit la condition de chômage. »
         (Original)
    Le prestataire comprend difficilement l’aspect chômage et disponibilité et le principe qui veut que la personne qui consacre peu de temps à un travail immobilier, que celui-ci soit rémunérateur ou non, ne peut bénéficier de prestations puisqu’elle ne remplit pas la condition première d’admissibilité, soit la condition de chômage.

À noter que si la suppression est en fin de phrase, les points de suspension entre crochets absorbent le point final de la phrase :

  • « L’industrialisation des régions rurales a été stimulée par la création de petites entreprises […] La politique d’industrialisation rurale a été parallèle au développement de certaines industries clefs telles que l’acier. »

Les crochets sont importants, même s’ils donnent une allure un peu savante au texte : leur absence pourrait laisser entendre que les points de suspension apparaissaient tels quels dans le texte original qu’on cite. De même, il vaut mieux éviter l’emploi des parenthèses au lieu des crochets : le lecteur pourrait penser qu’à cet endroit l’original contenait une parenthèse dont le rédacteur a supprimé le contenu pour les besoins de sa citation (voir aussi 6.9.2 Marque de l’intervention d’un tiers).

Dans l’usage, néanmoins, lorsque la suppression est opérée en début de citation ou en fin de citation, les trois points de suspension sont souvent employés sans crochets :

  • « … cette indifférence aux souffrances qu’on cause » (M. Proust).
  • « Il y a trois choses à considérer… », et il en a mentionné quatre.

Certains préfèrent abréger la citation avec le mot etc., placé après le guillemet fermant, mais ce procédé peut prêter à confusion :

  • « Nous devrons repenser, a-t-il dit, notre structure, notre stratégie, notre publicité », etc.

b) Ajouts

Ce sont également les crochets qu’on emploie pour encadrer tout mot ou touteprécision qu’on ajoute au texte original d’une citation pour la rendre plus claire :

  • « À la notion de variation continue des espèces, il [Hugo de Vries] a substitué celle de variation discontinue » (Aron et Grassé, Biologie animale).
  • « Il y a une reconnaissance [de ma part] d’une société qui est laïcisée, a affirmé la ministre. Mais quand même il existe un patrimoine qui rappelle un passé religieux » (Le Devoir).

Dans certains textes, — à caractère juridique, historique ou littéraire notamment, — où il est primordial de restituer l’original à la lettre, on met entre crochets toute modification faite à une citation pour des raisons grammaticales :

  • Le témoin a déclaré qu’il était « libre de déterminer [ses] heures de travail ».

Quand le texte cité comporte un passage que l’on juge étonnant pour une raison quelconque, on peut mettre entre crochets à la suite du passage le mot latin sic, qui signifie « ainsi » : il garantit qu’on rapporte le texte tel qu’on l’a vu. On procède de même si le texte à citer comporte une faute ou un emploi douteux. Le mot sic permet de signaler l’erreur en déclinant toute responsabilité :

  • Dans votre note, vous dites que « la lettre de recommendation [sic] sera intégrée à notre trousse promotionnelle ».

Il faut préférer les crochets aux parenthèses, qui dans certains contextes pourraient laisser entendre que le mot sic a été inséré par l’auteur de la citation lui-même. Par ailleurs, on peut toujours corriger la faute sans la signaler, mais il est préférable de citer les textes de façon exacte.

Voir aussi 6.9.2 Marque de l’intervention d’un tiers.

c) Mise en relief

Parfois on « souligne » à l’intérieur d’une citation un passage particulier sur lequel on veut attirer l’attention : on utilise pour cela l’italique. Mais le lecteur peut légitimement se demander si l’italique est dû à l’auteur de la citation ou au rédacteur du texte. On clarifie la situation par des locutions comme c’est moi qui souligne, je souligne, l’italique est de moi, ou c’est l’auteur qui souligne, italiques de l’auteur, qu’on place entre parenthèses à la suite de la citation :

  • « La langue générale, écrit René Georgin, est plus ou moins influencée par celle des auteurs contemporains qui, en contrepartie, subissent parfois la contagion de l’usage commun, même quand celui-ci est fautif » (c’est moi qui souligne).

Quand la citation est déjà en italique, on met en relief le passage qu’on veut souligner en revenant au caractère ordinaire, et l’on utilise alors les mentions c’est moi qui souligne, c’est l’auteur qui souligne, etc.

Si on plaçait une mention comme c’est moi qui souligne à l’intérieur même d’une citation, il faudrait impérativement l’insérer entre crochets plutôt qu’entre parenthèses [voir 7.2.7b) Omissions et ajouts dans les citations].

7.2.8 Citations étrangères et traduction

Les citations françaises se mettent le plus souvent entre guillemets (voir 7.2.1 Guillemets ou italique?), et les mots étrangers s’écrivent en général en italique (voir 5.3.4 Langues étrangères). Par conséquent, une citation en langue étrangère doit être à la fois entre guillemets et en italique :

  • « Chi poco pensa, molto erra. »

Si la citation est suivie de sa traduction française, on encadre celle-ci de guillemets et on l’insère entre parenthèses, en caractères ordinaires :

  • « Chi poco pensa, molto erra » (« Qui pense peu se trompe beaucoup »).

C’est le procédé le plus couramment employé. C’est aussi le plus cohérent quand les citations françaises dans le texte sont déjà entre guillemets : de la sorte, les guillemets encadrent toutes les citations du texte, et l’italique distingue celles qui sont en langue étrangère.

Si on a plutôt choisi de mettre l’ensemble des citations dans le texte en italique, les citations étrangères resteront entre guillemets et en italique; mais la traduction, elle, sera donnée en italique, sans guillemets, comme les autres citations françaises dans le texte :

  • « Chi poco pensa, molto erra » (Qui pense peu se trompe beaucoup).

On n’est pas tenu de fournir la traduction d’une citation à l’intérieur même du texte, bien que cela facilite la lecture  : on peut aussi le faire dans une note en bas de page. Ou, inversement, on peut donner la traduction dans le texte et l’original dans une note.

Il arrive très souvent qu’on présente la traduction sans fournir l’original, ni dans le texte ni en note. Si on est soi-même l’auteur de la traduction, il peut être important de l’indiquer. Il suffit d’insérer le mot traduction entre crochets — en caractères ordinaires, en italique ou en capitales — avant ou après la citation : [traduction]. C’est un procédé usuel dans les textes à caractère juridique, où l’on écrit le mot en général avec une majuscule initiale :

  • Dans sa requête, le demandeur cherche à obtenir que la défenderesse paie tous les frais de la requête [Traduction] « et tous les autres frais qui peuvent découler des moyens dilatoires utilisés par la défenderesse ».

Avec une citation en retrait :

  • Je cite le passage qui nous intéresse :

[Traduction]
Même s’il ne doit pas s’agir d’une recherche à l’aveuglette, toutes les questions relatives au point en litige doivent recevoir une réponse. L’enregistrement et la cession d’un brevet constituent une preuve prima facie de la validité de celui-ci; la défenderesse ne peut contester cette validité.

Ce procédé s’adapte à tout contexte :

  • Le président a déclaré qu’à sa connaissance aucun de ses directeurs n’avait eu de « contact officiel avec cette entreprise » [traduction].

7.2.9 Citation de vers

Lorsqu’on cite des vers, on peut soit les conserver à l’intérieur du texte en les guillemetant, soit les détacher sans employer de guillemets. On respecte toujours les majuscules originales. On peut placer une barre oblique entre chaque vers, mais cela n’est pas obligatoire (voir aussi 6.12.9 Citation de vers) :

  • On sait à quoi ont servi pendant la Deuxième Guerre mondiale ces célèbres vers de Verlaine : « Les sanglots longs / Des violons / De l’automne / Blessent mon coeur / D’une langueur / Monotone. »

Si on les détache du texte, procédé plus fréquent, on met les vers en retrait :

  • On sait à quoi ont servi pendant la Deuxième Guerre mondiale ces célèbres vers de Verlaine :

Les sanglots longs
Des violons
   De l’automne
Blessent mon coeur
D’une langueur
   Monotone.

Lorsque les vers sont plus longs, on les imprime souvent en caractères plus petits, pour bien les centrer sur la ligne. Si un vers est trop long, on en reporte une partie à la fin de la ligne précédente ou suivante, en employant un crochet ouvrant :

  • C’est la torche aux cheveux roux que n’éteint pas

[le vent

Les vers détachés du texte sont parfois composés en italique. Parfois encore, mais plus rarement, ils sont guillemetés :

  • Les contemporains ont beaucoup raillé le vers de Corneille

« Cet hyménée à trois importe également »,

résultat d’une insuffisante attention à l’ordre direct (C. Hagège).

7.2.10 Référence des citations

On fournit presque toujours au lecteur la référence, partielle ou complète, des textes que l’on cite. Cette information peut être donnée de diverses manières.

a) Entre parenthèses

Quand on veut indiquer la référence d’une citation entre parenthèses, on insère habituellement la parenthèse entre le guillemet fermant et le point final :

  • « Entre deux mots, il faut choisir le moindre » (P. Valéry).
  • « Le coeur se trompe comme l’esprit; ses erreurs ne sont pas moins funestes et l’on a plus de mal à s’en défaire à cause de la douceur qui s’y mêle » (A. France, Le petit Pierre).
  • « De plus, l’augmentation de la masse d’information à traiter accroît la surcharge des travailleurs » (p. 46).

Chaque fois que l’on ne peut pas, pour une raison quelconque, détacher le signe de ponctuation final de la citation, on doit ajouter un point final à l’intérieur de la parenthèse. C’est le cas, en particulier, lorsqu’on cite une phrase exclamative ou interrogative :

  • « Les peuples ne veulent pas que les dieux reviennent parce qu’ils en ont peur! » (Michel Tremblay.)
  • « Longtemps j’ai voyagé sans boussole. Mais aussi, pour la traversée de la vie, que vaut une boussole? » (Gabrielle Roy, La détresse et l’enchantement.)
Remarque

Des auteurs préfèrent que les citations conservent toujours leur ponctuation finale. Ils mettent donc toujours un point final à la fin d’une référence donnée entre parenthèses :

  • « Entre deux mots, il faut choisir le moindre. » (P. Valéry.)

b) Sur une ligne séparée

On donne sur une ligne séparée la référence d’une phrase qui est mise en exergue en tête d’un texte. Le nom de l’auteur est souvent imprimé en petites capitales, parfois en italique, sans parenthèses ni point final :

  • « L’homme est né libre et partout il est dans les fers. »
                                                      J.-J. Rousseau
  • « Malheur à ceux qui se contentent de peu. »
                                                      Henri Michaux

Quand le nom de l’auteur est suivi du titre de l’ouvrage, il est courant, mais non obligatoire, de mettre un point final à la fin de la référence, que la citation soit entre guillemets ou en italique :

  • « Qui vit content de rien possède toute chose. »
                                                      Boileau, Épîtres, V.
  • Qui vit content de rien possède toute chose.
                                                      Boileau, Épîtres, V.

On peut faire de même pour donner la référence d’une citation détachée du texte :

  • La Bruyère s’est souvent ingénié à renouveler de vieilles vérités, en les condensant en une brièveté remarquable :

Entre toutes les différentes expressions qui peuvent rendre une seule de nos pensées, il n’y en a qu’une qui soit la bonne. On ne la rencontre pas toujours en parlant ou en écrivant…
                                                                      Les caractères, 17.

Les trouvailles d’expression sont nombreuses dans ses maximes, même lorsqu’il reste abstrait.

c) Dans une note

Quand on préfère donner la référence dans une note, on doit insérer à la fin de la citation un appel de note. L’appel de note est un chiffre, une lettre ou un signe conventionnel tel que l’astérisque, que l’on place soit au-dessus de la ligne en exposant, soit sur la ligne entre parenthèses. Il apparaît juste après le dernier mot de la citation :

  • « Qui vit content de rien possède toute chose1. »
  • « Combien de temps, ont-ils demandé, avons-nous pour réaliser le projet2? »
  • Mieux vaut clore la discussion3...
  • « De plus, l’augmentation de la masse d’information à traiter accroît la charge des travailleurs (1). »
  • Dans Les caractères, La Bruyère s’est souvent ingénié à renouveler de vieilles vérités :

Entre toutes les différentes expressions qui peuvent rendre une seule de nos pensées, il n’y en a qu’une qui soit la bonne. On ne la rencontre pas toujours en parlant ou en écrivant : il est vrai néanmoins qu’elle existe, que tout ce qui ne l’est point est faible, et ne satisfait point un homme d’esprit qui veut se faire entendre1.

Si la citation apparaît à l’intérieur de la phrase, on place aussi l’appel de note juste après le dernier mot de la citation :

  • Comme l’écrivait Voltaire, « le pays où le commerce est le plus libre sera toujours le plus riche et le plus florissant1 ».
  • Le client leur a demandé de réparer les dégâts « au plus tard à la fin du mois2 », sinon il réclamerait des dommages-intérêts.

Si la note ne concerne qu’un terme, l’appel de note se place immédiatement après ce terme :

  • Dans l’original, on emploie le terme anglais « shin splint5 ».

L’appel de note peut bien sûr être employé à la fin d’un discours indirect, où l’original est paraphrasé plutôt que cité. Il sert aussi à annoncer, à l’intérieur ou à la fin d’une phrase, un commentaire quelconque. La note elle-même peut se trouver en bas de page, en fin de chapitre ou en fin de document (voir aussi 12.2.1 Numérotation des notes en bas de page, et suivants).

Remarques
  1. Si une même source est citée plus d’une fois en quelques pages, on peut utiliser le mot latin ibid. [voir 12.2.3c) Abréviation des références] dans la référence au lieu de répéter chaque fois le titre au long, mais à condition qu’il n’y ait aucune confusion possible avec une autre source citée dans le texte :

    • « De plus, l’augmentation de la masse d’information à traiter accroît la surcharge des travailleurs » (Rapport sur la réduction des effectifs, p. 46).
    • « Le mal est tel qu’il a suscité l’apparition d’un nouveau terme : de plus en plus on parle du “syndrome du survivant” pour désigner ce mal qui affecte ceux qui ont “survécu” aux suppressions de postes » (Ibid., p. 54).

  2. On ne reproduit pas l’appel de note qui figure dans un passage que l’on cite.

7.2.11 Dialogues et conversations

Le dialogue est généralement annoncé par un guillemet ouvrant au début de la première réplique. Chaque changement d’interlocuteur est ensuite précédé d’un tiret. Le dialogue se termine par un guillemet fermant après la dernière réplique. Il est présenté avec ou sans alinéas. Souvent on se dispense des guillemets, pour ne signaler les interventions des interlocuteurs que par les seuls tirets :

  • Les frères sont tous partis. « Je suis Monsieur Dubois. — Entrez donc, Monsieur Dubois. »
                                                      (J. Ferron.)
  • « Bottom, il fait beau ce matin.
    — C’est toi qui le dis. »
                                                      (R. Ducharme.)
  • Dans la voiture de Jim, je l’interroge :
    — Qu’est-ce?
    — Un accident.
    — Grave?
    — Oui.
    Je me demande s’il fait la bête ou s’il ne sait rien.
                                                      (A. Langevin.)

Quand une réplique est très longue, elle forme de préférence un seul paragraphe, sans alinéas.

Si le dialogue contient une citation, on emploie les procédés qui s’appliquent aux citations doubles (voir 7.2.6 Citation double), par exemple :

  • « Qu’est-ce qu’il a décidé?
    — Il va encore changer d’emploi.
    — Est-ce qu’il connaît le proverbe qui dit que “pierre qui roule n’amasse pas mousse”? »
  • « Qu’est-ce qu’il a décidé?
    — Il va encore changer d’emploi.
    — Est-ce qu’il connaît le proverbe qui dit que pierre qui roule n’amasse pas mousse? »
  • — Qu’est-ce qu’il a décidé?
    — Il va encore changer d’emploi.
    — Est-ce qu’il connaît le proverbe qui dit que « pierre qui roule n’amasse pas mousse »?

De courtes interventions du rédacteur, comme dit-elle, a déclaré le ministre, a-t-il répondu avec hésitation, restent à l’intérieur des guillemets, sauf si elles figurent à la fin du dialogue. Si les interventions sont plus longues, il faut fermer les guillemets, puis les rouvrir. Le rédacteur qui n’utilise pas les guillemets au début et à la fin d’un dialogue doit prendre soin de distinguer très clairement les répliques des interlocuteurs et ses propres interventions.

Dans un procès-verbal, dans un compte rendu de débat ou de conférence, dans la transcription d’une conversation, on se contente d’indiquer dans un caractère quelconque le nom de l’interlocuteur, sans utiliser de guillemets :

  • Mme OUELLETTE : Je ne parle pas des dépenses. Je parle simplement du point de vue de l’environnement.
    M. TACHÉ : Monsieur le Président, je pense que...
  • M. Venizuelos. — Monsieur le Président, je réclame... (Mouvements divers.) Je demande...
    Une voix à gauche. — Demandez toujours.

On utilise une présentation semblable pour les entrevues ou les séries de questions et réponses :

  • Q. — ....................
    R. — ....................

7.2.12 Devises et maximes

Les devises, maximes, adages, proverbes, dictons, sont souvent composés en italique (voir 5.3.2 Devises et maximes). Mais comme ils sont assimilables à des citations dont on ne connaît pas l’auteur, ils peuvent tout à fait rester en caractères ordinaires et être encadrés de guillemets :

  • « Je me souviens »
  • « Qui s’y frotte s’y pique »
  • Comme dit le proverbe, « plaie d’argent n’est pas mortelle ».
  • Le principe « à travail égal, salaire égal » est fort éloigné de la réalité.
  • « “Dis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es”, il est vrai, mais je te connaîtrai mieux si tu me dis ce que tu relis » (F. Mauriac).

Quand les devises et maximes sont en langue étrangère, on ne doit utiliser que l’un des deux procédés, l’italique ou les guillemets, et non les deux à la fois comme dans le cas des citations en langue étrangère (voir 7.2.8 Citations étrangères et traduction) :

  • « A mari usque ad mare »
    la maxime italienne : « Traduttore, traditore »

7.3 Autres emplois des guillemets

7.3.1 Tableaux et catalogues

Dans les tableaux, catalogues, comptes, factures, énumérations, index, etc., on emploie les guillemets comme signe de répétition. Ce rôle est le plus souvent confié au guillemet fermant, soit français ou anglais :

Articles de bureau Numéro   Prix
4 boîtes de trombones Jumbo 1 ................   2,40 $
1     "              "             "  2 ................   1,20 $ 
    Total   3,60 $
       
4 boîtes de trombones Jumbo , nº 1 ................   2,40 $
1 boîte d’agrafes standard Swingline   ................ ___"___
    Total   4,80 $

Les guillemets peuvent aussi être utilisés dans une énumération où il n’y a aucun chiffre, afin d’éviter une répétition :

  • l’enseignement du français langue maternelle
               »           »       »       langue seconde

7.3.2 Livres, journaux, revues et oeuvres d’art

Bien que l’italique soit beaucoup plus fréquent dans cet emploi (voir 5.2.1 Livres, journaux, revues et œuvres d’art), il est possible de mettre entre guillemets les titres de livres, de journaux, de périodiques, d’écrits divers, d’oeuvres d’art, de films, de poèmes, de pièces de théâtre, de disques, de chansons, d’émissions de radio et de télévision, de documents électroniques :

  • « Bonheur d’occasion » est paru après la guerre.
  • « Agaguk » a été traduit en plus de vingt langues.
  • C’est un extrait du « Manuel de la politique administrative ».
  • On a présenté « La flûte enchantée » de Mozart.
  • « Sur la plage » de Pellan est exposée au Musée des beaux-arts.
  • « Le penseur » de Rodin a été coulé d’une seule pièce.
  • Fritz Lang a tourné « Metropolis » en 1926.
  • La nouvelle a été publiée dans le journal « La Presse ».
  • C’est un numéro spécial de « Science et Vie ».
  • le « New England Journal of Medicine »
  • la « Gazette du Canada »
  • « La Gazette officielle du Québec »
  • le « Dictionnaire Hachette multimédia »

Cependant, si le titre d’une partie d’une publication ou d’une partie d’une oeuvre est cité conjointement avec le titre de la publication ou de l’oeuvre d’où elle est tirée, la règle est de mettre le titre de la partie entre guillemets et le titre principal en italique :

  • « Le Vaisseau d’Or » est tiré des Poésies complètes de Nelligan.
  • « La chute de la maison Usher » figure dans les Histoires extraordinaires d’Edgar Allan Poe.
  • Il faut lire dans le dernier numéro la revue Pour la Science l’article « Informatique et liberté ».
  • Le « Libera me » du Requiem de Fauré est sublime.

À défaut d’italique, on peut souligner le titre principal :

  • « La chute de la maison Usher » figure dans les Histoires extraordinaires d’Edgar Allan Poe.
  • Jean Darbelnet, « Sémantique et civilisations », Le français dans le monde,  81.

Si le titre de la partie comporte des mots guillemetés, il faut procéder comme dans le cas des citations doubles (voir 7.2.6 Citation double) :

  • M. Grevisse, « Si “je m’en rappelle” est défendable », Problèmes de langage, IV, p. 82-88.
  • G. Gougenheim, « Les pronoms interrogatifs que et quoi », Français moderne, XVII, p. 85-90.

7.3.3 Véhicules

Même si l’italique est plus fréquent dans cet emploi (voir 5.2.3 Véhicules), il arrive que l’on mette entre guillemets le nom donné en propre à un bateau, à un train, à un avion, à un engin spatial, etc. :

  • la « Grande Hermine »
  • le « Titanic »
  • le voilier « V’là l’bon Vent! »
  • le brise-glace « Pierre-Radisson »
  • la station orbitale « Mir »
  • le télescope « Hubble »
  • Lindbergh a traversé l’Atlantique à bord du « Spirit of Saint Louis ».
  • Le « Porte-Saint-Jean » est un navire des Forces canadiennes.

Il s’agit dans tous ces cas du nom de baptême donné à un seul et unique véhicule. Le nom propre attribué à une marque, à un modèle ou à un type de fabrication ne se met pas entre guillemets :

  • une Toyota
  • un CF 18
  • un Mig 29 russe
  • un Pershing-2
  • Le Concorde est un avion supersonique.

7.3.4 Produits commerciaux et opérations techniques

Le nom des produits commerciaux en général s’écrit sans guillemets ni italique :

  • des souliers Nike
  • une cafetière Melitta
  • un jeu de Monopoly

Mais le nom de certaines créations commerciales de luxe telles que les parfums et les vêtements haute couture se met parfois entre guillemets :

  • un flacon de « Neiges »
  • la robe « Soir de Bal »

Néanmoins l’italique est plus courant (voir 5.2.5 Produits commerciaux et opérations techniques). Il en va de même des noms dont l’administration civile, policière ou militaire désigne certaines de ses grandes entreprises :

  • l’expédition « Antarctica »
  • l’opération « Carcajou »
  • l’opération « Tempête du désert  »

7.3.5 Niveaux de langue

On peut encadrer de guillemets les mots et les expressions qui s’écartent du langage régulier, comme les néologismes, les régionalismes, les mots impropres ou insolites, les jeux de mots, les tours populaires, familiers ou de tout autre niveau de langue — joualisant, technique, archaïque, ironique, etc. — ainsi que les mots qu’on emploie dans un sens spécial. Certains auteurs favorisent l’italique pour cette fonction (voir 5.3.5 Niveaux de langue), mais l’emploi des guillemets reste très vivant :

  • Inutile de vous dire qu’ils se sont fait « maganer ».
  • Le secteur de l’énergie est le plus gros « buveur » d’eau.
  • Le « raccrochage scolaire » augmente avec le retour aux études d’un nombre record d’adultes.
  • Elle a eu le « plaisir » de se voir assigner cette corvée.
  • Un oiseau est un « porte-plumes » (J.-P. Colignon).

7.3.6 Mots se désignant eux-mêmes

Souvent les mots dont on parle sont encadrés de guillemets :

  • « On » exclut la personne qui parle.
  • Le mot « microbe » est peu employé en langage scientifique.
  • Sous le terme général de « pétrole » on groupe un ensemble de produits naturels formés par des mélanges de composés organiques où dominent les hydrocarbures.
  • Connaissez-vous l’expression « ambitionner sur le pain bénit »?

On peut aussi recourir à l’italique pour cette fonction : c’est un point sur lequel l’usage varie beaucoup (voir 5.3.6 Mots se désignant eux-mêmes). Il en va de même des appellations de nature diverse introduites par des verbes comme appeler ou nommer :

  • On nomme « gène » l’unité élémentaire capable de transmettre un message héréditaire (J. Hamburger).
  • À cause de son appétit, on surnomme le carcajou « glouton » (M. Laforge et coll., La forêt derrière les arbres).
  • Ce qu’on appelle « nouvelle critique » ne date pas d’aujourd’hui (R. Barthes).
  • Les objets appartenant au mobilier funéraire correspondent pour la plupart à la catégorie des arts appelés « mineurs » (Ch. Orgogozo, L’art égyptien).

Il faut noter que certains n’emploient ni guillemets ni italique après ces verbes :

  • L’union d’un os avec un os voisin s’appelle une articulation (Petite encyclopédie médicale, Bordas).

D’autres font de même lorsqu’ils citent un mot en apposition :

  • le mot accommoder
  • le terme d’agitateur

Mais cette façon de procéder peut parfois être source d’ambiguïté. Comparer :

  • le mot « juste »
  • le mot juste

Pour indiquer le sens d’un mot, on recourt généralement aux guillemets. Dans ce cas particulier, il est plus clair de s’en tenir à l’italique pour citer le mot lui-même et de réserver les guillemets pour le sens, de manière à bien distinguer les deux :

  • Piocher veut dire « travailler avec ardeur ».
  • Le mot symbiose vient d’un mot grec qui signifie « vivre ensemble ».
  • « Oreillon […] existe depuis le XIIIe siècle, au sens de “coup sur l’oreiller” » (Bloch-Wartburg cité dans Le bon usage).

7.3.7 Langues étrangères

Lorsque des mots étrangers apparaissent isolément dans un texte, ils sont presque toujours en italique et sans guillemets (voir 5.3.4 Langues étrangères) :

  • Ce prolongement vers le nord du système tropical commande le climat des « terres chaudes » (tierra caliente) et humides du Mexique (Encyclopædia Universalis).
  • Un soir, nous nous sommes arrêtés non loin d’un garimpo, colonie de chercheurs de diamants (C. Lévi-Strauss).
  • Nous avons logé dans un bed and breakfast près de Toronto.

Mais parfois on voit les guillemets, sans italique :

  • Lorsque les premiers « baby-boomers » ont atteint l’adolescence, la consommation excessive d’énergie était très visible.

Si un mot étranger se désigne lui-même (voir 7.3.6 Mots se désignant eux-mêmes), théoriquement il peut être à la fois en italique (comme mot étranger) et entre guillemets (comme mot se désignant lui-même) :

  • le mot anglais « subset »

Dans la réalité, on se contente souvent de l’italique :

  • Ibidem est un mot latin.
  • Shalom est un mot qui désigne universellement la paix.

On donne généralement la traduction d’un mot étranger entre guillemets :

  • Le mot anglais « subset » se rend en français par « sous-ensemble ».
  • Ibidem est un mot latin qui signifie « à la même place ».
  • Dans bien des cas, Bildung devrait être traduit par « culture », et Kultur par « civilisation » (Encyclopædia Universalis).
  • Il existe en Russie un célèbre ensemble de chanteurs et de danseurs composé uniquement de jeunes filles et dont le nom, Beriozka, signifie : « petit bouleau » (P. Morency).

Quand on met la traduction simplement entre parenthèses, les guillemets sont superflus :

  • subset (sous-ensemble)

7.3.8 Lettres de l’alphabet

Les lettres minuscules employées isolément dans le corps d’un texte s’écrivent le plus souvent en italique (voir 5.4.1 Lettres de l’alphabet), mais certains auteurs préfèrent les guillemets :

  • Il faut barrer les « t » et mettre les points sur les « i ».
  • Le mot accommoder s’écrit avec deux « c » et deux « m ».
  • Voir la figure « a ».
  • Soit « a » la distance de B à D.

7.3.9 Travaux d’édition

Dans un lexique ou dans la table alphabétique des travaux scientifiques, des catalogues, des études littéraires, des dictionnaires, des encyclopédies, on met parfois entre guillemets, mais plus souvent en italique (voir 5.4.3 Travaux d’édition), la rubrique ou le mot auquel on renvoie le lecteur :

  • Alevinage — Voir « Pisciculture »

Dans un errata, le mot inexact se met habituellement entre guillemets et la correction à effectuer, en italique :

ERRATA

  • Page 36, dixième ligne : remplacer « décryptage » par décodage.
  • Page 105, avant-dernière ligne : lire corollaire, et non « corolaire ».

7.4 Espacement

Les guillemets français sont toujours séparés des mots qu’ils encadrent par une espace :

  • « La plus constante marque de la sagesse, c’est une constante réjouissance », a dit Montaigne.

Les guillemets anglais, ainsi que les doubles apostrophes, sont au contraire toujours collés aux mots qu’ils encadrent :

  • « Par rapport aux “sciences humaines”, la psychanalyse et l’ethnologie sont plutôt des “contre-sciences” » (M. Foucault).
  • « La plupart des gens dits "normaux" sont seulement de bons simulateurs » (É. Ajar).

L’ensemble formé par les guillemets et les mots qu’ils encadrent s’espace comme un mot ordinaire.