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abréviations (règles de formation)

Créées par souci d’économie, les abréviations portent en général sur un mot, une expression ou une appellation revenant fréquemment dans un texte ou un domaine donné. Certaines sont consacrées par l’usage, tandis que d’autres sont conçues pour répondre à un besoin particulier. Dans ce dernier cas, il est indispensable de présenter, au début du texte, des explications quant au code employé.

On distingue trois grandes catégories d’abréviations :

  • Les abréviations proprement dites;
  • Les sigles et les acronymes;
  • Les symboles.

Cet article porte sur les abréviations proprement dites. Les deux autres catégories sont traitées séparément.

Mode usuel de formation

Le mode d’abréviation le plus commun consiste à retrancher les lettres finales d’un mot en coupant devant une voyelle et après une consonne, puis à remplacer les lettres supprimées par un point abréviatif :

  • vol. (volume)
  • févr. (février)
  • coll. (collection)
  • boul. (boulevard)
  • dict. (dictionnaire)
  • transcr. (transcription)
  • S.V.P. ou s.v.p. (s’il vous plaît)

Pour en savoir davantage sur les règles d’utilisation du point abréviatif, voir POINT ABRÉVIATIF.

Autres modes de formation

Retranchement des lettres médianes

Dans ce genre d’abréviation, on conserve la lettre initiale ainsi que la ou les lettres finales du mot. Le point abréviatif est omis, étant donné que l’abréviation se termine par la lettre finale du mot.

  • bd ou bd (boulevard)
  • vx ou vx (vieux)
  • Mme ou Mme (madame)
  • Dr ou Dr (docteur)

Retranchement de la plupart des lettres

Le point abréviatif est omis après la lettre finale, mais il est de rigueur lorsque l’abréviation se termine par une lettre intermédiaire :

  • qqn (quelqu’un)
  • qqch. (quelque chose)
  • qqf. (quelquefois)

Retranchement de toutes les lettres, sauf la première

Certaines abréviations officiellement reconnues ne comportent qu’une seule lettre. On fait suivre la première lettre du point abréviatif :

  • N. (nord)
  • M. (monsieur)
  • n. (nom)
  • p. (page)

Combinaison de chiffres et de lettres

La lettre ou le chiffre est en position supérieure :

  • 1° (primo, premièrement)
  • in-4° (in-quarto)
  • 23e (vingt-troisième)

Utilisation de symboles

  • ° (degré ou zéro supérieur)
  • & (et; perluète ou esperluette)
  • § (paragraphe)
  • + (plus)

Règles pratiques

On évitera d’abréger un mot pour économiser une seule lettre (l’espace ainsi économisée serait reprise par le point abréviatif) ou même deux (ce qui ne ferait gagner qu’une espace).

Font exception à cette règle certains mots contenus dans des expressions qui sont passées depuis longtemps dans l’usage, telles que par intérim (p. i.) et note de la rédaction (N. D. L. R.), ainsi que les formes abrégées de mots comme idem (id.), ibidem (ibid.), partie (part.), lundi (lun.) et mardi (mar.), qui sont passées depuis longtemps dans l’usage.

Lorsqu’il faut, en présence de deux mots, n’en abréger qu’un, il vaut mieux raccourcir celui qui est le plus courant :

  • classific. linnéenne (et non : classification linn.)

Toutefois, dans les ouvrages scientifiques, on abrège les mots latins désignant différents genres d’animaux, de plantes et autres après les avoir présentés en toutes lettres. C’est l’adjectif caractérisant l’espèce qui reste en toutes lettres :

  • Clematis virginiana => C. virginiana

Dans certaines abréviations usuelles, la barre oblique remplace le point abréviatif :

  • a/s de (aux soins de)
  • s/o (sans objet)

On conserve le trait d’union dans l’abréviation :

  • c.-à-d. (c’est-à-dire)
  • P.-S. (post-scriptum)

Lettres surélevées (exposant)

On peut mettre une abréviation au niveau de la ligne, sauf s’il y a risque d’ambiguïté entre l’abréviation et un mot qui comporte les mêmes lettres, comme dans les cas suivants :

  • Me (pronom) et Me (maître)
  • nos (adjectif possessif) et nos (numéros)

Dans ces cas, on privilégie la lettre surélevée pour l’abréviation :

  • Me
  • nos

Lorsqu’il n’y a aucun risque de confusion, les deux formes sont possibles :

  • Mme ou Mme
  • ou no
  • bd ou bd
  • 1er ou 1er
  • 2e ou 2e

Le symbole du degré (°) et les indices de puissance sont toujours surélevés :

  • °C
  • m3
  • km2

On ne met pas d’espace entre l’abréviation et les lettres surélevées :

  • °C (et non : ° C)

Remarque : Les logiciels de traitement de texte mettent automatiquement l’exposant pour certains mots connus quand on choisit cette option.

Pluriel

Les abréviations ne prennent habituellement pas la marque du pluriel :

  • 2 bull. mens. de linguistique
  • une ville de 300 000 hab.

Les cas ci-dessous présentent l’exception à cette règle.

L’abréviation d’un nombre ordinal prend le s, quel que soit le système de numération utilisé :

  • 1ers (premiers)
  • 1res (premières)
  • 2es (deuxièmes)
  • XIes (onzièmes)

Certains titres de courtoisie ou de civilité prennent également la marque du pluriel (par ajout d’un s final ou redoublement de l’initiale) :

  • Drs ou Drs, Dres ou Dres (docteurs, docteures)
  • Mes (maîtres)
  • Mmes ou Mmes (mesdames)
  • MM. (messieurs)

L’abréviation de certains autres mots prend aussi le s du pluriel :

  • les lots nos 12 à 18
  • Sts ou Sts, Stes ou Stes (saints, saintes)
  • Éts, Éts ou Établts (établissements)
  • mss (manuscrits)

Beaucoup d’abréviations dites apocopes, devenues des mots dans la langue courante, prennent aussi la marque du pluriel :

  • des autos
  • des stylos

Unité de mesure (symbole)

On ne met ni point abréviatif ni marque du pluriel aux abréviations des unités de mesure. Par contre, on met un point si le symbole se trouve à la fin de la phrase, car il s’agit du point final de la phrase :

  • Ce tissu mesure 1,75 m en tout.
  • Ce tissu mesure 1,75 m.

Renseignements complémentaires

Pour plus de renseignements, voir ABRÉVIATION/SIGLE/ACRONYME (DÉFINITIONS), POINT ABRÉVIATIF, APOCOPE, SIGLES ET ACRONYMES (RÈGLES DE FORMATION), NOMBRES ORDINAUX