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Juridictionnaire

barrage / barrer 1 / radier / rayer

  1. Le verbe barrer s’emploie au sens de bloquer l’accès, rendre un passage inaccessible, interdire l’entrée dans un lieu; on peut donc dire barrer une rue pour signifier que la voie est fermée à la circulation dans les deux sens. Chemin, passage barré. Route, rue barrée.

    Concrètement, le barrage est l’obstacle placé en travers de la voie. Ce peut être un inanimé (une barrière, une voiture de police) ou un animé (un agent de police). Le barrage de police est un cordon de policiers interdisant l’accès à un lieu ou encore un groupe de policiers postés en un lieu pour vérifier l’identité des automobilistes. Dresser, établir un barrage. Franchir un barrage. « Un automobiliste inattentif force, de nuit, un barrage de police dressé pour stopper des malfaiteurs. »

  2. Le mot barrage s’emploie dans nos lois au sens d’installation (par exemple les ouvrages hydrauliques érigés sous l’autorité d’une loi) ou d’obstacle (par exemple l’utilisation de barrages pour prendre du poisson). En ce dernier sens, le Code criminel du Canada prévoit que quiconque met volontairement le feu à un barrage flottant est coupable d’un acte criminel et passible d’un emprisonnement maximal de quatorze ans.
  3. Au sens de biffer, rayer, raturer, barrer signifie annuler d’un trait de plume. Barrer un mot dans un texte, un nom sur une liste. Barrer une clause dans une convention, c’est la supprimer, d’un trait oblique par exemple. Voir les emplois du synonyme biffer à l’article BIFFAGE. Il convient ici de rappeler la distinction à établir entre les verbes radier et rayer : si le premier signifie faire disparaître officiellement une mention d’un document, le second marque l’action de tracer un trait sur cette mention pour l’annuler. On radie une mention inutile, par exemple, en la rayant.
  4. Par analogie avec la locution tir de barrage employée dans le vocabulaire de la technique militaire, barrage s’emploie au figuré dans des expressions comme barrage de questions (« L’accusé a été soumis à un véritable barrage de questions. ») ou barrage d’accusations ("array of charges") : « Mis en présence d’un barrage d’accusations, l’accusé mal informé risque d’accepter un compromis défavorable au lieu de courir le risque de subir un procès. ».

    Les locutions faire barrage à et faire obstacle à quelque chose sont synonymes; elles signifient empêcher d’agir. « Le législateur a voulu, là encore, faire barrage au danger des motivations de style. » « Le motif d’intérêt général a autorisé le législateur à faire obstacle aux effets de cette décision de justice. »

    L’emploi figuré du mot barrage correspond aux images de l’avalanche ou de la cascade pour ce qui concerne les poursuites ou les demandes inconsidérées ("avalanche" et "floodgates"). « Il convenait d’établir un barrage contre les demandes inconsidérées. » Plus généralement, le barrage est un obstacle à surmonter, une étape à franchir. « Comment méconnaître que cette révolution dans la responsabilité civile doit encore franchir le barrage de la seconde Chambre civile, celle qui juge de la responsabilité en général. » L’image du barrage infranchissable est un cliché : « Les arrêts précédents de la Cour ne constituaient-ils pas un barrage infranchissable? » « L’autorité de la chose jugée était un barrage infranchissable, qui garantissait l’État contre toute action en responsabilité dans ce domaine. » Constituer, édifier un barrage.

  • BARREMENT.